Brutalement évincé de la direction du groupe Danone par le conseil d’administration en mars dernier, Emmanuel Faber a réglé quelques-uns de ses comptes avec ses membres. Entendu à l’Assemblée nationale lors d’une audition de la commission des affaires économiques, il a estimé que le conseil d’administration du groupe jouait un jeu dangereux pour le groupe avec les fonds activistes. « Quand on s’est allié de cette façon, et compromis de cette façon, malheureusement je pense que ce conseil n’est pas en état aujourd’hui d’assurer la défense et la souveraineté de Danone », a déclaré l’ex-dirigeant, ajoutant s’exprimer désormais « en tant que simple citoyen français ». Selon lui, « les activistes sont venus en raison de dysfonctionnements du conseil. Ils en sont autant la conséquence qu’ils en sont la cause. Certains activistes internes au conseil ont utilisé ces activistes actionnariaux à des fins qui leur étaient personnelles et qui ont abouti au résultat dont on ne voit que le début aujourd’hui avec mon départ ». Pour Emmanuel Faber « ce conseil, en tout cas certains de ces membres, mais collectivement finalement, a permis un jeu extrêmement malsain avec des activistes » et de poursuivre : « Quand on démarre un jeu comme celui-ci, c’est compliqué de l’arrêter. » La réforme du conseil d’administration est donc « très urgente » pour lui, qui a plus généralement plaidé pour réformer le fonctionnement des conseils d’administration en France et en Europe, afin de « les doter d’une colonne vertébrale ».
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