Abonné

Vin En 2008/2009, la plupart des viticulteurs ne pouvaient pas se rémunérer

- - 3 min

Pour de nombreux viticulteurs, les résultats économiques de 2008 et 2009 ne leur ont pas permis de se rémunérer sans dégrader la comptabilité de leur exploitation, selon les chiffres de l’Observatoire de la viticulture présentés le 22 juin au conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer.

Les analyses de la comptabilité des entreprises viticoles en 2008 et 2009 (500 exploitations situées dans 10 départements) réalisées par l’Observatoire de la viticulture à partir des données des Centres d’économie rurale, traduisent le malaise actuel de la viticulture.
Pour cette étude, l’Observatoire a classé en plusieurs catégories les entreprises en fonction des modes de commercialisation. Première catégorie : les viticulteurs qui vendent en coopérative (35% de l’échantillon) ; deuxième, ceux qui vendent en cave particulière en vrac (28%) et troisième, ceux qui vendent en cave particulière mais en bouteille (37%). Premier constat : les ventes en vrac (catégorie une et deux) se sont faites en 2008 et 2009 à des prix au-dessous des coûts de production, rendant difficile une rémunération du producteur.
« Il manquait en moyenne, aux vignerons qui vendaient en coopératives en 2008 et 2009, 11 euros par hl pour se rémunérer », explique-t-on au sein des CER.
Quant aux entreprises de la troisième catégorie, seules ont tiré leur épingle du jeu celles qui produisaient des vins AOC à forte valeur ajoutée et celles qui faisaient des efforts commerciaux depuis longtemps.
Puis l’observatoire s’est penché sur l’écart entre coût de production et mercuriales pour analyser la viabilité des entreprises au regard du marché. La conclusion est que les cours ne permettaient pas de couvrir l’ensemble des coûts de production, main d’œuvre familiale comprise, pour la majorité des entreprises. Ce qui est un indicateur de crise, selon les CER. Sur ces années, la faiblesse des rendements (moins de 60hl/ha en moyenne), a renchéri les coûts de production.

Des attitudes de décapitalisation

L’attitude des entreprises face à la crise a ensuite été étudiée. Les choix ont divergé. Cependant, beaucoup ont choisi de rester en rythme de croisière (investissements indispensables seulement). L’observatoire a noté des attitudes de décapitalisation, plus ou moins importantes, dans toutes les catégories d’exploitations (vente de parcelles notamment). Et un nombre non négligeable de viticulteurs n’ont pas prélevé de rémunération et sont même allés jusqu’à réinjecter des fonds dans leur exploitation.
Les capitaux propres (actifs moins les dettes) ont eu tendance à diminuer, surtout pour les exploitations vendant en vrac, et même sans rémunération de la main d’œuvre familiale.
« Quelles sont les perspectives des viticulteurs ? », s’interroge en conclusion l’observatoire. Diminuer les coûts ? La crise a conduit à réduire tout ce qui pouvait l’être. Une possibilité reste d’accroître les rendements. Les viticulteurs attendent également une extension aux salariés permanents des réductions de cotisations valables pour les travailleurs occasionnels.
Accroître la part du vin conditionné pour gagner en valeur ajoutée est un développement coûteux et demande des avances de trésorerie importantes. Les projets d’envergure dans cette voie méritent prudence.
Une dernière solution est de mieux valoriser le vrac. La tension sur les prix le permet en 2011 mais cette amélioration devra durer au-delà de cette année pour permettre aux entreprises de reconstituer des bases financières plus solides.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.