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Climatologie En région Centre, après le gel, la sécheresse pointe

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Dans la région Centre, les dégâts du gel sont désormais évalués et paraissent assez lourds, notamment sur blé dur. La coopérative Axéréal, dont le périmètre s’étend sur la quasi totalité de la région Centre, ainsi que sur le département de la Nièvre, en Bourgogne, a accepté de livrer son analyse de la situation. Après le gel, les risques de sécheresse pointent dans la région.

«Sur Axéréal, on distingue plusieurs zones géographiques : les zones où la neige était présente au moment du gel, plutôt au nord-ouest du périmètre de la coopérative dans les départements de l’Eure-et-Loire et du Loir-et-Cher qui ont bien résisté au gel. En revanche, la zone qui a le plus souffert du gel, où il n’y avait pas de neige, est au sud et à l’est du périmètre de la coopérative dans les départements du Loiret, de l’Indre, du Cher et de la Nièvre », indique Thierry Renard, directeur de la communication d’Axéréal. Cette coopérative, qui a réalisé une collecte de 4,4 millions de tonnes (Mt) de céréales en 2010-2011, a vu une partie de ses cultures d’hiver détruites par le gel et craint maintenant de devoir faire face à un début de sécheresse, ainsi qu’à des restrictions d’usage de l’eau.

Des destructions hivernales assez importantes

« Sur le périmètre de la coopérative au nord de la Loire, 10 à 20 % des surfaces en blé dur ont été retournés », souligne Thierry Renard. Il poursuit : « Le potentiel des blés durs maintenus peut être affecté. De plus, la mosaïque s’installe ». Selon lui, les re-semis de blé dur au printemps partent avec un handicap de 15 % en termes de potentiel de rendement. « Sur les autres cultures, on ne rencontre que des problèmes ponctuels », indique-t-il. Pour la partie de la coopérative située au sud de la Loire, Thierry Renard explique « qu’en blé tendre comme en orge d’hiver, les re-semis ont concerné de 2 à 20 % des surfaces, 2% dans la zone ouest avec neige, 5 à 10 % lorsque sans neige et de 10 à 20 % à l’est quand il n’y avait pas de neige ». « Le blé dur ne représente que peu d’hectares, mais est touché de 60 à 90 % dans les zones sans neige », souligne aussi Thierry Renard. Pour l’orge de printemps semée en hiver, il indique que les destructions concernent 40 à 80 % des surfaces dans les zones sans neige. Enfin, « les pois d’hiver ont gelé à 90 % », souligne Thierry Renard.

Une pluviométrie inférieure à la normale

Au nord de la Loire sur le périmètre de la coopérative, « la pluviométrie a été inférieure à la moyenne, mais les cultures n’en ont pas encore souffert », explique Thierry Renard. Selon lui, « tout dépendra de la pluviométrie à venir, quantité et date ». De plus, il indique que « le niveau des nappes supposera sans doute une gestion très serrée des quotas d’irrigation ». Actuellement, Thierry Renard souligne que les droits à irriguer sont déjà plus restreints qu’à la même époque l’année dernière, « ce qui inquiète les agriculteurs dans le contexte de sécheresse actuelle et prévu dans les dix prochains jours ». Par contre, au sud de la Loire, de récentes pluies, de 10 à 20 mm, « ont fait du bien », insiste Thierry Renard. D’après lui, dans cette zone « l’azote marque bien son assimilation par les plantes ». De plus, il indique que l’absorption de l’azote marque davantage les différences pour les situations douteuses après le gel. Une assimilation qui révèle et souligne les dégâts du gel après coup.

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