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Endive : pour l’Apef, la filière française doit encore plus se structurer

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D’après Philippe Brehon, président des endiviers français, une plus grande organisation de la filière pourrait permettre de mieux peser face à la grande distribution et de mieux gérer l’offre.

L’Association des producteurs d’endives français (Apef) a tenu son assemblée générale le 11 avril. À cette occasion, Philippe Brehon, son président, a plaidé pour une organisation améliorée de la filière. « Nous avons la chance d’être une filière déjà très concentrée : 300 producteurs et neuf OP représentant 90 % de la production. Certes, il y a du chemin à parcourir, les endiviers sont par nature très indépendants et le traumatisme de l’affaire du cartel est encore présent », détaille-t-il à Agra Presse. Et de bien rappeler que le rôle de l’AOpn est dans la gestion de l’offre et non dans le négoce. « Mais cela serait dommage ne pas pouvoir aller plus loin, surtout afin de mieux peser en face de notre principal client, la grande distribution », estime le président de l’Apef. Cette dernière, si elle a su jouer une certaine solidarité il y a deux ans, est très sensible à la notion de prix.

Un début 2025 délicat

Les mois de janvier et février de cette année sont encourageants sur le retour des consommateurs, d’après les panels Kantar, note l’Apef. Mais cet équilibre est fragile reconnaît Philippe Brehon : « Une bonne météo et des forçages en augmentation entraînent une présence volumétrique plus importante. En endives, 3 % de volumes en plus entraînent la chute des prix. C’est la situation actuelle avec un prix amputé du tiers par rapport à la même période en 2024 ». Ces données sont peu ou prou confirmées par celles d’Agreste (ministère de l’Agriculture) : en janvier 2025, même si les prix ont été inférieurs de 31 % à ceux de la campagne 2023-2024, ils ont été supérieurs de 11 % à la moyenne des prix 2020-2024 sur le même mois.

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Côté production, les volumes récoltés par la filière endives pour 2024 sont orientés une fois de plus à la baisse : 117 500 tonnes, selon le périmètre de l’association. Cela reflète un recul de 5 % par rapport à 2023 (qui était déjà inférieur de 10 % à 2022). Du côté de la consommation, l’Apef regrette une perte du nombre de consommateurs et une baisse du taux de pénétration des ménages en 2024. En revanche, les surfaces semées enregistrent une augmentation de 7 % par rapport à 2023, avec 8 700 ha pour une récolte en 2025. Ce qui pourrait laisser espérer une récolte de l’ordre de 125 000 t.

Par ailleurs l’association se félicite de quelques avancées dans le domaine des usages phytosanitaires. Quatre dérogations soutenues par l’Apef ont eu des résultats positifs : Vilballa et Actic Aqua (herbicides), Benevia (pesticides) et Santhal Gold (fongicide). « Pour les dérogations désherbage, nous n’avons qu’une année de test, nous manquons de recul », reconnaît le président de l’Apef.

3 % de volume en plus, le prix amputé du tiers