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Engrais russes : les parties prenantes mettent la pression

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À la veille de la réunion potentiellement décisive du 14 mars, lors de laquelle le Conseil de l’UE devait prendre position concernant l’imposition de droits de douane sur les engrais russes, des parties prenantes aux visions opposées se sont exprimées afin de faire pression sur la décision et obtenir des mesures correctives.

La question des droits de douane sur les importations d’engrais de Russie (et du Belarus) suscite toujours la controverse parmi les parties prenantes de l’UE. En amont de la réunion des représentants permanents des États membres (Coreper II) du 14 mars où la proposition était à l’ordre du jour, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont adressé, le 12 mars, une lettre aux États membres afin que des mesures correctives soient prises. Le principal lobby agricole européen regrette qu’aucune évaluation d’impact n’ait été réalisée en amont et que Bruxelles n’a pas fourni de « stratégie claire à moyen et long terme pour assurer l’accès des agriculteurs à des engrais abordables ». Le Copa-Cogeca souhaite donc exclure les composants essentiels des engrais (N, P, K et N, P) du champ d’application mais aussi une suspension des droits de douane sur les autres sources d’approvisionnement (Trinidad et Tobago et États-Unis) et des dérogations à la directive Nitrates (ReNure, digestat et prairies).

Lire aussi : Engrais russes : inquiétudes face à une potentielle hausse des prix

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En outre, il propose, comme l’association des producteurs de blé français (AGPB), des amendements ciblés : le report des mesures d’une année (jusqu’en juillet 2026), l’inclusion d’un mécanisme de sauvegarde fiable, le relèvement des quotas, ou encore la mise en place d’une clause de révision annuelle. « Sanctionner la Russie, oui… Mais il est nécessaire d’agir dans le bon ordre : l’Europe doit s’assurer au préalable de notre capacité de production agricole dans des conditions économiquement supportables afin de garantir sa souveraineté alimentaire face aux menaces géopolitiques actuelles », indique Éric Thirouin, président de l’AGPB.

Obtenir l’indépendance

Des positions à l’opposé de ce que préconise l’ONG Les Amis de la Terre France. Dans un communiqué publié le 11 mars, celle-ci estime que la proposition devrait être le moyen de sortir de la dépendance aux engrais fossiles. Si l’ONG partage les inquiétudes du monde agricole face à la « hausse brutale » du prix des engrais, elle exige que Bruxelles mette en place une « politique agricole volontariste » pour aider les agriculteurs. Cela passerait par « un soutien massif à l’agriculture bio, à la filière légumineuses, à la polyculture-élevage, au recyclage des excréta humains et au changement de régimes alimentaires ». Et l’ONG de conclure : « Sortir de notre dépendance structurelle aux engrais chimiques est la seule manière de mettre en place notre souveraineté alimentaire. » Une proposition de la Commission européenne qui, une fois validée par le Conseil de l’UE, devra aussi l’être par le Parlement européen.