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Engrais russes : un large soutien à la hausse des taxes sauf à l’extrême droite

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Après avoir été validée par le Conseil de l’UE, la proposition concernant les droits de douane pour les importations d’engrais en provenance de Russie et du Belarus est entre les mains du Parlement européen où les groupes politiques d’extrême droite marquent leur opposition au texte.

Après le Conseil de l’UE le 14 mars, c’est à présent au Parlement européen de valider sa position concernant la hausse des droits de douane sur les engrais russes (et bélarusses). À l’occasion de la réunion de la commission du Commerce international (Cominta) du 8 avril, les eurodéputés issus d’un large spectre politique ont soutenu la proposition de la Commission européenne. Le projet de rapport de la Cominta, compétente sur le fond, va d’ailleurs dans le sens de la position du Conseil. Et la rapporteure, la Lettone Inese Vaidere (PPE – droite) d’insister : « La proposition de la Commission est la bienvenue » et le Parlement européen « doit adopter sa position le plus rapidement possible ». Pour elle, le texte mis sur la table par l’exécutif européen tient compte des intérêts et des besoins des agriculteurs.

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Mais l’extrême droite ne l’entend pas de cette oreille. Dans son intervention, le Français Thierry Mariani (Patriotes pour l’Europe) a fait part de son opposition, soulignant le risque de flambée des prix dont les agriculteurs européens (notamment français) seront les victimes. Au-delà du prix, la question du contournement des sanctions par la Russie est également un des enjeux mis en avant par les eurodéputés d’extrême droite.

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Opposition stratégique

Ces interventions font écho à la position de l’Espagnole Mireia Borras Pabon (Patriotes), qui a la charge du dossier en commission de l’Agriculture. Dans son projet d’avis, qui devrait être soumis au vote des eurodéputés le 5 mai, elle affirme notamment que la proposition de l’UE est « dépourvue d’une stratégie à moyen et long terme qui garantisse la diversification des marchés et l’accès à des engrais à des prix abordables ». Elle souhaite également repousser de deux ans la date d’application du règlement, envisagée pour le 1er juillet, afin que « le marché des engrais de l’UE puisse s’adapter aux nouvelles conditions ». Par ailleurs, elle pousse pour exclure les engrais phosphorés du champ d’application du règlement.

De son côté, la Commission européenne rappelle que ses dispositions sont calibrées et que sa proposition contient des mesures atténuations comme le caractère progressif de la mise ne place des droits de douane devant permettre d’augmenter la capacité de production d’engrais dans l’UE. En outre, une diversification des sources est prévue avec une grande variété de fournisseurs. Enfin, Bruxelles pourra, en dernier recours, suspendre temporairement les droits à l’importation (pour d’autres sources) et s’engage à surveiller les prix pendant 4 ans à partir de la date d’application du règlement. La Cominta se prononcera sur son rapport les 14 et 15 mai.