Face à l’urgence, la Commission européenne a présenté le 9 novembre un plan pour limiter l’impact de l’envolée des prix des engrais sur l’agriculture européenne en 2023. Mais pour le plus long terme, un plan de gestion intégrée des nutriments, dont les contours restent flous, sera présenté début 2023.
La Commission européenne a voulu parer au plus urgent avec son plan d’action sur l’accessibilité aux engrais lancé le 9 novembre qui met avant tout l’accent sur la limitation de l’envolée des prix tout en préservant l’industrie européenne. Mais, à moyen terme, l’objectif est aussi de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations en « fermant le cycle des éléments nutritifs et en atténuant la pression sur les prix que les agriculteurs subissent ». Mais, sur ce point, la communication qui vient d’être présentée reste floue. Les détails de ce deuxième étage de la fusée, qui devrait être orienté sur les moyens à donner aux agriculteurs pour qu’ils se défassent de leur dépendance aux fertilisants minéraux, ne seront réellement connus que début 2023 avec la publication confirmée – malgré les craintes qu’avaient exprimé les ONG de voir cette initiative passer à la trappe – d’un plan d’action sur la gestion intégrée des nutriments (initialement pour fin 2022). Un plan qui doit permettre de concrétiser les objectifs de la stratégie De la ferme à la table laquelle prévoit une réduction de 20 % de l’usage des engrais et de 50 % des fuites de nutriments dans l’UE à l’horizon 2030 tout en maintenant les rendements. Cette stratégie devra favoriser une utilisation plus efficace des nutriments, en tenant compte des points de départ des États membres et du plan d’action Pollution zéro, précise la Commission européenne.
La directive Nitrates visée
Quelques nouvelles pistes sont déjà connues : recours à l’agriculture de précision, incitation à une utilisation plus efficace des nutriments provenant des déchets agricoles, des déchets alimentaires et des eaux usées… Des outils existent déjà dans le cadre de la nouvelle Pac qui entrera en vigueur le 1er janvier 2023, et Bruxelles promet de veiller à leur bonne utilisation. D’une part, les services de conseil agricole seront tenus à partir de 2024 au plus tard d’utiliser un outil numérique de gestion des nutriments pour une agriculture durable afin de réaliser un bilan des principaux nutriments à l’échelle des champs et de recueillir des données relatives aux sols. Et les États membres doivent avoir un suivi sur la base d’indicateurs d’impact dans le cadre de la Pac de certains paramètres comme la présence de nitrates dans les eaux souterraines.
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Mais au-delà de ces mesures qui s’apparentent à des contraintes, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), ainsi que plusieurs États membres poussent pour que les engrais dits RENURE (azote récupéré des effluents d’élevage) puissent être utilisés en dehors des quantités limitées de la directive Nitrates (plafond de 170 kg/ha dans les zones sensibles). Dans sa communication du 9 novembre, la Commission européenne entrouvre la porte à ces demandes indiquant qu’elle envisage « d’éventuelles flexibilités à court terme prévues par la directive sur les nitrates ».