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Étiquetage nutritionnel : les États membres ne parviennent pas à dégager un consensus

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En raison de l’opposition d’une poignée d’États membres, la présidence allemande a dû se contenter d’adopter, lors du Conseil agricole du 15 décembre, ses propres conclusions sur l’étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages, les profils nutritionnels et l’étiquetage d’origine.

À l’occasion de son dernier Conseil agricole en tant que présidente, l’Allemagne n’est pas parvenue, le 15 décembre, à faire adopter des conclusions du Conseil sur l’étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages, les profils nutritionnels et l’étiquetage d’origine, en raison de l’opposition de l’Italie, de la République tchèque et de la Grèce. Saluant, toutefois, l’effort de la présidence de prendre en considération les sensibilités de tous les États membres, les trois délégations s’inquiètent surtout des conséquences d’une harmonisation du système d’étiquetage à l’échelle de l’UE.

La ministre italienne, Teresa Bellanova, qui a critiqué le manque de neutralité de la présidence allemande (alors que Berlin vient de mettre en place le système Nutri-score) a notamment souligné le caractère « simpliste » d’un régime d’étiquetage nutritionnel basé sur les codes de couleur, tel que le Nutri-score. Elle a également indiqué qu’elle était favorable à la poursuite des travaux sur l’étiquetage obligatoire de l’origine, pour des produits tels que les pâtes, le riz et la sauce tomate et serait heureuse d’approfondir l’examen d’un projet de texte révisé. Une alternative qui n’a finalement pas été retenue par la présidence. De son côté, la Grèce a expliqué son opposition au motif que le texte n’exclut pas les produits de haute qualité tels que les appellations d’origine protégées, les indications géographiques protégées ainsi que les spécialités traditionnelles garanties. « Ces produits sont fabriqués selon des méthodes traditionnelles, qui ne peuvent pas faire l’objet d’amélioration, car il s’agit avant tout d’une question de propriété intellectuelle », s’est justifié le ministre grec, Makis Voridis.

Système harmonisé et étiquetage simplifié

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Toutefois, forte de l’approbation de 23 États membres au texte de compromis, la ministre allemande de l’Agriculture, Julia Klöckner, a appelé lors de la conférence de presse, à la mise en place d’un « étiquetage nutritionnel harmonisé à l’échelle de l’UE ». Aujourd’hui, « les citoyens veulent être informés sur leurs aliments, alors que certains étiquetages de profil nutritionnel peuvent être trompeurs et problématiques pour les consommateurs », précise-t-elle. Ainsi « des règles européennes communes, avec un étiquetage simplifié sur le devant de l’emballage, seraient très utiles », assure-t-elle.

La Commission européenne qui recevra le texte sous forme de conclusions de la présidence mènera à la fois une consultation globale et une étude d’impact, afin de soumettre in fine une proposition législative, comme le prévoit sa stratégie "de le ferme à la table". Sur ce point, les délégations italienne, tchèque et grecque ont insisté dans le cadre d’une déclaration commune, sur la participation de tous les États membres et des parties prenantes.