Le laboratoire d'analyse estime avoir fait son travail correctement, alors que Lactalis s'étonnait de constater que 16 000 analyses sur son site de Craon n'avaient pas mis en évidence la présence salmonelles. Eurofins minore les conséquences de l'affaire Lactalis sur ses activités financières et publie des résultats très positifs pour 2017.
Le p.-d.g. du laboratoire Eurofins, Gilles Martin, a finalement répondu aux insinuations d’Emmanuel Besnier sur la fiabilité des analyses effectuées sur le site de Craon. « Dans leur stratégie de défense, ils (les dirigeants de Lactalis, NDLR) essaient comme ils peuvent de se défausser », a estimé Gilles Martin à l’occasion de la présentation des résultats annuels 2017 du groupe le 6 mars. Cet axe de défense est « extrêmement malheureux » et « risque de se retourner contre eux de manière assez brutale », a-t-il prévenu.
« Nous sommes extrêmement sereins sur cette situation. Nos laboratoires concernés ont travaillé extrêmement bien, nous n'avons absolument aucune inquiétude sur la fiabilité de ces analyses", a poursuivi Gilles Martin.
« Nous avons beaucoup de mal à comprendre comment 16 000 analyses réalisées en 2017 ont pu ne rien révéler. Nous avons des doutes sur la fiabilité de ces tests », avait déclaré en janvier Emmanuel Besnier aux Echos.
L’affrontement entre les deux patrons pourrait avoir une suite devant les tribunaux, puisque Gilles Martin n’a pas exclu des poursuites en diffamation. A cette question, le fondateur du groupe d’analyses a répondu : « On verra comment les choses évoluent », ajoutant : « La communication de Lactalis est de nature à nous porter préjudice » en termes d'image, mais « financièrement c'est un épiphénomène » pour Eurofins.
Un bénéfice net de 216,8 M€ en 2017
Le groupe a terminé l'exercice 2017 sur un chiffre d'affaires de 2,97 milliards d'euros, en hausse de 17%. La croissance organique ressort à près de 6 % au dessus de l'objectif de +5%. La marge d'Ebitda ajusté a quant à elle légèrement faibli, à 18,7% des ventes contre 18,9% en 2016, en raison d'un effet de « dilution » lié aux acquisitions, a justifié le groupe. Celui-ci a en effet dépensé 1,5 Mrd€ pour réaliser 60 acquisitions en 2017, un record. Celles-ci ont généré un chiffre d'affaires additionnel de 700 M€ en année pleine. Son bénéfice net s'est établi à 216,8 M€ l'an dernier, en hausse de 24,6%, grâce notamment à la baisse de ses coûts de financement et à un effet positif de la réforme fiscale américaine. Le groupe compte verser un dividende de 2,4 € par action au titre de 2017, contre 2 euros pour 2016.
Pour 2018, le groupe a légèrement relevé sa prévision de chiffre d'affaires de 3,6 à 3,7 Mrd€ et il vise un excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté de 700 M€, à taux de change constants, contre 556,7 M€ l'an dernier (+16%).