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FCO/MHE : FNB et Conf’ veulent activer la réserve de crise

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En complément des aides publiques françaises et du FMSE (fonds professionnel), les éleveurs de la FNB (FNSEA) et de la Confédération paysanne appellent à activer la réserve de crise européenne.

Face aux dégâts causés par les maladies vectorielles FCO (fièvre catarrhale ovine) et MHE (maladie hémorragique épizootique), « il est absolument indispensable d’activer la réserve de crise européenne », a estimé Patrick Bénézit, président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) le 10 septembre. « Les éleveurs ne pourront pas assumer les pertes », a-t-il fait valoir, vu l’ampleur de l’impact sanitaire. Selon lui, le précédent épisode de MHE en 2023-2024 (plus de 4 000 cas) « a coûté près de 100 M€ » d’indemnisations à l’État et aux éleveurs : 50 M€ de pertes indirectes, 30 M€ de pertes directes et 15 M€ versés par le FMSE (fonds professionnel) avec cofinancement public. Ces enveloppes « n’ont pas pris en charge 100 % des dégâts » et ont concerné le seul Sud-Ouest, qui « représente 5 % du cheptel français », rappelle M. Bénézit. Cette année, outre la réémergence de la MHE, les éleveurs bovins et ovins font face à deux nouveaux sérotypes de FCO, plus virulents que les précédents.

Le président de la FNB a aussi exigé des « réponses » sur les indemnisations publiques françaises, alors que Marc Fesneau s’est engagé sur le principe d’un cofinancement public du FMSE. Par ailleurs, « le sujet [des maladies vectorielles] est européen », a justifié Patrick Bénézit, avec de nombreux pays touchés en Europe de l’Ouest. « La dimension européenne de ces épizooties plaide pour que les autorités françaises demandent l’activation de la réserve de crise européenne en complément des dispositifs d’indemnisation français », appuient les eurodéputés socialistes du Sud-Ouest Éric Sargiacomo et Christophe Clergeau dans une lettre adressée le 11 septembre au nouveau Premier ministre Michel Barnier. Ils estiment que c’est également « au niveau européen que nous devons obtenir un changement d’approche quant à la place des vaccins dans les stratégies prophylactiques afin d’en systématiser la pratique et de limiter les perturbations du marché intérieur ».

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Critère de chargement pour l’aide ovine

Lors d’une conférence de presse le 11 septembre, la porte-parole nationale de la Confédération paysanne a aussi appelé à « activer tous les leviers », y compris la réserve de crise de l‘UE. « La crise sanitaire est d’une ampleur jamais vue », estime cette éleveuse ariégeoise. Elle a aussi appelé à « débloquer la force majeure sur la Pac » pour assouplir l’accès à l’aide couplée ovine. Les pertes dues à la maladie peuvent faire passer certains éleveurs sous le seuil de chargement minimal pour bénéficier des aides, les privant de subventions en 2025.

Une demande appuyée par deux eurodéputés français