Un logo Fleur de France devrait être mis en place pour identifier la production horticole hexagonale, qui doit faire face à de nombreuses importations.
LE ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll souhaite la mise en place d'un logo « Fleur de France » pour soutenir l'horticulture française, qui subit de plein fouet la concurrence du Kenya et des Pays-Bas.
« Je vais demander à FranceAgriMer d'ouvrir un chantier pour la mise en place de Fleur de France, avec un cahier des charges précis. Je souhaite qu'on ait, comme pour les viandes de France, une vraie démarche », a dit le ministre à l'occasion d'un déplacement dans le Var, département horticole, vendredi 7 février.
À ce jour, 85% des fleurs et plantes consommées en France viennent de l'étranger, des Pays-Bas mais aussi du Kenya et d'Amérique du Sud. Et face à cette rude concurrence, la production française ne cesse de reculer.
Stéphane Le Foll a également rappelé la nécessité de « soutenir cette filière », en poursuivant une politique active d'investissements dans le cadre du plan de modernisation de l'agriculture, via des aides nationales qui pourront être complétées par des crédits communautaires (Feader) et régionaux.
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A l'automne dernier, la profession s'était mobilisée pour dénoncer la hausse de la TVA sur ses produits, qui est passée de 7 à 10% au 1er janvier. Si le ministre a dit « entendre les craintes des professionnels sur l'impact de la hausse de la TVA », il a expliqué qu'« on ne peut pas leur appliquer le taux de TVA le plus bas » qui est notamment réservé aux produits de première nécessité, écartant tout retour en arrière dans ce dossier.
En dix ans, entre 2003 et 2012, près de 30% des exploitations hexagonales ont mis la clé sous la porte. Fin 2012, il ne restait plus que 4 450 entreprises horticoles, selon FranceAgrimer, employant au total environ 25 000 personne et génèrant environ 160 000 emplois indirects dans la filière (fleuristes, jardineries, graineteries, paysagistes, etc...).
L'UNIPHOR, l'association horticole de la Coordination rurale, « se réjouit de la mise en place d'un logo « Fleur de France » et soutient pleinement la démarche », car une « concurrence déloyale a entraîné la fermeture de nombreuses entreprises horticoles et pépinières ». Elle explique que « les importations, originaires du Kenya, d'Afrique du Sud ou de Hollande sont livrées sur le marché à des coûts inférieurs aux coûts de production français (contraintes environnementales moindres, coût de la main d'œuvre inférieur et condition de travail des salariés souvent négligée) ». Cependant, l'Uniphor « reste prudente » et demande à ce que cet estampillage n'entraîne ni coût ni contraintes supplémentaires pour les producteurs.