L’année 2025 est marquée par des prix en hausse pour les terres et prés, quand les vignes plongent encore. La FNSafer note aussi un rebond de la « consommation masquée ».
Le marché du foncier agricole a globalement confirmé en 2025 les tendances de prix des années précédentes, selon une présentation le 21 mai par la FNSafer. En hausse « mesurée », les terres et prés libres s’affichent à 6 460 €/ha (+ 0,9 %), soit une inflation contenue par rapport à 2024 (+ 3,2 %). Les zones de grandes cultures grimpent à 8 150 €/ha (+ 4,2 %), portées par de meilleures récoltes. Tandis qu’en élevage bovin, à 4 740 €/ha (-1 %), les prix reculent « dans une conjoncture toujours porteuse pour la viande mais baissière en fin d’année pour le lait ». Une quatrième augmentation consécutive est observée pour les terres et prés loués, à 5 350 €/ha (+ 2,5 %).
De leur côté, les vignes AOP continuent de trinquer, à 171 400 €/ha (-2,9 %). Cette tendance cache des situations encore plus variées qu’en 2024. La baisse des prix s’accentue dans les bassins Sud-Ouest (-28,1 %) et Bordeaux-Aquitaine (-23,8 %), la quasi-totalité des appellations girondines subissant un décrochage. À l’inverse, la hausse se poursuit en Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (+ 3,9 %), soutenue par la Côte-d’Or et les meilleurs terroirs de Champagne. Une stabilité est notée en Languedoc-Roussillon (-0,2 %). Enfin, la crise s’accentue dans le Cognac. Cela fait chuter de moitié le prix des vignes à eaux-de-vie AOP, à 23 200 €/ha (-54,5 %).
28 400 ha de « consommation masquée »
Si le marché de l’artificialisation a continué de ralentir l’an dernier, celui de la « consommation masquée » est reparti à la hausse, a par ailleurs indiqué la FNSafer. La courbe des surfaces marque « une remontée en 2025 » pour les biens repris à fin de détournement d’usage, selon Loïc Jegouzo, du service Etudes, veille et prospective. 28 400 ha correspondent ainsi à une « consommation masquée », soit des terres qui sortent de la sphère agricole pour le loisir, du stockage informel, ou dans une stratégie de spéculation. Après un pic lors des années Covid (à plus de 40 000 ha), leur niveau n’avait cessé de baisser. « Ce marché concerne surtout les petites parcelles, contribuant au mitage de l’espace rural », a-t-il souligné, 80 % des surfaces étant inférieures à 1 ha. Autre élément notable, 49 % des transactions portent sur des biens bâtis. La FNSafer note en parallèle le nouveau plancher atteint par l’artificialisation, à 8 500 ha (-16,6 %) en 2025. Cela englobe les terres agricoles destinées à la construction, aux infrastructures, aux carrières et aux espaces liés aux déchets et stockage. Leurs surfaces annuelles ont été divisées par deux en quatre ans. Un effet de l’objectif Zan (zéro artificialisation nette) inscrit dans la loi climat et résilience de 2021.