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Forêt : le directeur par intérim du SGPE critique les politiques publiques

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Frédérik Jobert, directeur par intérim du SGPE (Secrétariat général à la planification écologique), émet de vives critiques sur la politique forestière, dans une note publiée par le think tank Terra Nova le 2 avril. « Trois croyances ont biaisé les politiques publiques des dernières années », écrit-il. Croyance n° 1 : la forêt ne pousse pas seule. Il critique « la politique actuelle de plantations massives » (dont le plan lancé en 2022 par Emmanuel Macron visant à planter 1 milliard d’arbres en dix ans). « Le financement public se concentre à 95 % sur des plantations en plein, détaille-t-il, sur des parcelles coupées à nu ou après incendies, sans considérer suffisamment d’autres modes de gestion et/ou la régénération naturelle. » Croyance n° 2 : « Une confiance exagérée dans la durabilité du bois-énergie », dont l’exploitation excessive peut « compromettre le stockage de carbone et la résilience des forêts ». Ainsi, son développement « doit accompagner celui des autres usages (bois d’œuvre, industrie) dans une logique d’usage en cascade ». Croyance n° 3 : sans subventions, pas de transition. Il dénonce une « surdépendance aux subventions » qui « fausse le modèle économique de la filière ». « En subventionnant surtout des interventions lourdes et coûteuses (coupe à nu, labour des sols, plantation), l’État enferme la sylviculture dans un système rigide et peu adaptatif. »

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Il formule des propositions : « favoriser une sylviculture diversifiée et adaptative » ; « réguler et organiser l’usage du bois-énergie » ; « accélérer la prise en compte de la pression cynégétique » ; « encadrer les coupes rases et encourager la gestion durable » et « investir dans la formation et l’attractivité des métiers forestiers ».

« La surdépendance aux subventions fausse le modèle économique de la filière »