Faute d’annonce de réouverture pour les restaurants, le gouvernement a renforcé les aides à destination de leurs fournisseurs. Un « effort particulier » a été concédé pour le vin, pour tenir compte du récent renforcement des sanctions américaines.
À l’occasion d’un point presse le 14 janvier, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé plusieurs mesures de renforcement des aides pour les entreprises fournissant la restauration hors domicile, avec un assouplissement particulier pour les viticulteurs. Jusqu’ici plafonnée à 10 000 euros, l’aide du Fonds de solidarité pour ces entreprises pourra être calculée en pourcentage, « à hauteur de 20 % de leur chiffre d’affaires 2019 dans la limite de 200 000 euros par mois », pour les structures perdant plus de 70 % de chiffre d’affaires (sans limite de nombre de salariés désormais).
Le secteur du vin pourra en bénéficier dès -50 % de chiffre d’affaires. Ce même secteur bénéficiera aussi de la prise en charge des coûts fixes réservée aux secteurs fermés administrativement (hôtels, restaurants…), jusqu’à 3 M€. Le gouvernement a voulu faire « un effort particulier » pour les viticulteurs, a expliqué Bruno Le Maire. « J’espère que cela aidera les viticulteurs à passer ces moments difficiles », a déclaré le ministre, qui a ajouté que le gouvernement poursuivait ses efforts pour obtenir « le soutien de la Commission européenne avec un fonds de compensation ».
« Premières réponses » aux sanctions
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La filière viticole a salué dans un communiqué du 15 janvier « les premières réponses » aux entreprises de vins et spiritueux face aux sanctions américaines, voyant dans les deux nouveaux dispositifs « un signal positif ». D’une part, « l’aménagement du fonds de solidarité […] va permettre à des exploitants viticoles de bénéficier d’un soutien bienvenu dans le contexte de la crise sanitaire », commente Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer. D’autre part, la mesure de prise en charge partielle des charges fixes des entreprises « paraît pouvoir offrir un soutien aux opérateurs de notre secteur touchés par les sanctions américaines », considère César Giron, président de la FEVS (Fédération des exportateurs), estimant toutefois « nécessaire d’en connaître davantage les détails afin d’en mesurer la portée réelle ».
« Nous avons également noté l’engagement du ministre à poursuivre son action à Bruxelles », ont ajouté conjointement les deux dirigeants. « Nous souhaitons maintenant poursuivre le travail commencé depuis dix jours, pour approfondir l’examen des mesures présentées hier et construire une stratégie partagée vis-à-vis de l’UE », ont-ils conclu.
Le secteur du vin bénéficiera de la prise en charge des coûts fixes