Largement dépendante de la restauration, la pintade a particulièrement souffert du confinement, qui a provoqué une baisse de 10 % de la production. La filière tente de relancer la consommation avant la période cruciale des fêtes de fin d'année.
La pintade a « besoin du soutien des consommateurs français » pour passer le cap de la crise sanitaire, a fait savoir l'interprofession de la pintade (CIP) lors d'une conférence de presse le 27 octobre. La crise de la Covid-19 a fait plonger les ventes en restauration (plus de la moitié du marché), avec une baisse de 20 % des commandes de découpes pour ce canal sur les sept premiers mois de 2020 (par rapport à 2019). Les autres débouchés sont aussi en fort recul : -14,6 % pour les achats des ménages, -29,4 % pour les exportations, sur la même période.
Les conséquences sur la production ne se sont pas faites attendre : celle-ci a reculé de 9,9 % sur les sept premiers mois de 2020. Sur la période janvier-août, les mises en place de pintadeaux dans les élevages ont perdu 15,1 % par rapport à 2019. Cet automne, la tendance ne s'est pas inversée, alors que les animaux consommés lors des fêtes de fin d'année – période clé pour cette filière – sont déjà dans les élevages.
Sortir les produits des congélateurs
« Les abatteurs ont congelé beaucoup de pintades pendant le confinement, l'objectif maintenant est de sortir ces produits pour les valoriser », indique le président du CIP Jean-Louis Zwick. « La situation est loin de s'améliorer », constate l'interprofession, pour qui « bon nombre [des] 926 éleveurs pourraient abandonner leurs activités, puisque les pintades ne relèvent pas, la plupart du temps, de leur activité principale, souvent liée aux poulets ».
Premier producteur et consommateur mondial de Numida meleagris, la France représente 85 % de la production européenne. L'Hexagone exporte une part non négligeable de sa production, en volailles (6 millions d'animaux sur une production annuelle de 32 millions), comme en reproductrices, œufs à couver et pintadeaux. C'est en France que se trouve le dernier sélectionneur de la planète. La crise sanitaire met ce « savoir-faire unique au monde » en « danger de disparition », alerte le CIP.
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Avant la Covid-19, la pintade, majoritairement consommée par les moins de 55 ans, connaissait déjà une érosion de sa consommation. « Notre défi, c'est de faire exister la pintade sur l'ensemble des marchés, à tous les moments où on peut la consommer », résume Emmanuelle Henninot, déléguée générale du CIP.
Cet été, le CIP et l'APVF (promotion de la volaille française) ont mené une action de promotion en magasins (bons de réduction immédiate). Résutat : un rebond des ventes de +21,1 % en juillet 2020 par rapport à 2019, en dehors d'une période traditionnelle de consommation. Ce qui fait dire à Jean-Louis Zwick que « quand on met la pintade en avant, les consommateurs l'achètent ».
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