Abonné

Fruits et légumes : une mécanisation encore « peu présente »

- - 3 min

Les filières fruits et légumes sont en demande de mécanisation, pour pallier le défaut de main-d’œuvre et réduire la pénibilité. Pour l’heure, les outils sont encore « peu présents », selon un récent rapport du CGAAER.

Et si les machines prenaient le relai. Face à la pénurie de main-d’œuvre, pour certains travaux (désherbage en maraîchage, récolte en arboriculture, en particulier), la mécanisation pourrait s’envisager. Les producteurs sont demandeurs. Selon le récent rapport SolRob, édité en 2020 par RobAgri (robotique agricole française), 90 % des arboriculteurs et 60 % des maraîchers sont en attente d’une solution pour la récolte – 75 % pour des solutions de désherbage. « Le recours à de nouveaux outils mécanisés et de robots se développe en cultures spécialisées », constataient les inspecteurs du CGAAER (ministère de l’Agriculture) dans un récent rapport. « Il permet notamment de réduire la pénibilité (allègement du port de charge et suppression des échelles fruitières, ce qui facilite aussi l’emploi féminin), de limiter les risques, de mieux adapter et contrôler l’utilisation des produits phytosanitaires, de faire face au manque de main-d’œuvre, particulièrement saisonnière ».

Des professionnels prudents

Mais pour l’instant, « ces technologies prometteuses sont encore peu présentes et inégalement réparties », note le CGAAER. L’investissement à consentir par les producteurs (un robot mono tâche peut coûter plus de 100 000 euros) est un sérieux frein – notamment pour les outils de récolte. « Il faut rester pratico-pratique et réfléchir en termes d’investissement collectif, explique Olivier Sinquin, directeur de la Sica Saint Pol de Léon. Nous travaillons sur la pénibilité de certaines tâches primaires – le binage, le sarclage – et dans cette optique, la mécanisation a un intérêt ». Même prudence chez Laurent Paillat, président de l’Anefa qui est aussi maraîcher dans le Gard : « La robotisation peut valoir le coup sur l’assistance des travailleurs : plantation électrique, brouette assistée… Ne consacrer que 20 % de la main-d’œuvre à la mise en culture grâce à la mécanisation et 80 % pour la récolte peut s’avérer un choix intéressant pour l’exploitation ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

pénibilité
Suivi
Suivre

Entre autres bénéfices pour l’agriculture, le CGAAER souligne que la mécanisation exercerait une influence positive sur les perspectives d’évolution ou d’insertion durable pour les salariés saisonniers : « Au travers d’un CQP (formation courte durée, ndlr), les salariés saisonniers pourront se voir reconnaître une qualification permettant une meilleure reconnaissance, une progression salariale et une embauche en CDI ».

En fruits et légumes, la mécanisation intéresse pour la récolte