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Gaz et électricité: ces productions qui craignent l'hiver

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Elles chauffent des serres, des élevages, l’eau de leurs animaux, refroidissent leurs stations de stockage de fruits, elles déshydratent de la poudre de lait, de la pulpe de betterave… Plusieurs filières agricoles françaises sont particulièrement touchées par la hausse des prix de l’électricité et du gaz. Certaines s’adaptent déjà bon gré mal gré. La production de plantes annuelles devrait diminuer rapidement cette année, celle de vivaces voir son calendrier bouleversé. En tomate sous serres, de nombreux producteurs ont aussi prévu de décaler les dates de plantation, et donc de produire moins. Pour d’autres filières, comme la pomme ou le veau, un mur de charges pointe à l’horizon, sans réelles alternatives. Ces productions attendent peu du marché, et beaucoup des pouvoirs publics.

En première ligne des conséquences de la flambée des prix du gaz et de l’électricité, on retrouve sans surprise les producteurs de fruits et légumes frais. Et les plus touchés se divisent en deux catégories : ceux qui chauffent leurs serres, pour la production de tomate, concombre et fraise hors-sol notamment ; et ceux qui conservent leurs fruits en chambre froide pendant plusieurs mois, comme la pomme, la carotte, le kiwi, l’endive ou encore la châtaigne.

Commençons par le fruit le plus emblématique de cette crise énergétique, dont les producteurs commencent déjà à s’adapter : les tomates. Comme dans de nombreux pans de l’économie, ils voient se former, devant eux, un mur de charges. Pour se chauffer, les serristes utilisent principalement du gaz naturel via une chaudière classique ou en cogénération (production de chaleur et d’électricité). « Le prix du gaz a augmenté de 600 % par rapport au prix du gaz à l’été 2021 », constate le maraîcher Ronan Collet, membre du conseil d’administration de la coopérative bretonne Solarenn (25 producteurs, 60 ha de serres). « Ça veut dire que, si aujourd’hui, je veux acheter du gaz à un prix fixe pour l’année 2023, je vais payer 170 euros le mégawatt-heure (MWh) alors que je payais 25 euros à l’été 2021. »

Avant que le prix du gaz ne commence à monter dès l’automne 2021, puis à flamber à cause de la guerre en Ukraine, les producteurs pouvaient opter pour un contrat d’une ou plusieurs années à « prix fixe », explique Ronan Collet. Désormais, vu le cours extrêmement élevé, les producteurs préfèrent s’engager au « prix indexé » (qui varie selon le prix du marché, NDLR) en espérant que le cours baisse, mais en s’exposant aussi à de nouvelles hausses soudaines. « C’est extrêmement compliqué à gérer car on n’a aucune visibilité. On n’arrive même pas à anticiper ce qu’il va se passer la semaine prochaine », constate-t-il.

Sueurs froides pour les tomates sous serres

Pourtant, le chauffage des serres est essentiel à la production de tomates. À la fois pour maintenir une température nécessaire à la croissance des plants durant les mois d’hiver, de décembre à mars, mais aussi pour « déshumidifier » la serre, explique Valéry Goy, maraîcher et administrateur chez le groupe Rougeline implanté dans la moitié sud de la France (200 producteurs, 300 ha de serres). « À certains moments, même si la température est atteinte, il faut maintenir une circulation d’eau chaude dans les circuits de chauffage pour chasser l’humidité, afin notamment de lutter contre les maladies, comme le botrytis et la cladosporiose (moisissures, NDLR) », explique Valéry Goy.

Rougeline a calculé la hausse de la facture énergétique. « Elle a augmenté de 360 % entre février-mars 2021 et février-mars 2022 », indique M. Goy. « Jusqu’à fin 2021, le coût du chauffage pouvait atteindre 50 000 à 60 000 euros/ha. C’était assez courant, compliqué mais supportable. Aujourd’hui, les contrats [de gaz] qu’on nous propose peuvent aller jusqu’à 500 000 euros/ha. C’est plus que le chiffre d’affaires ! » À ce prix-là, la seule solution est de décaler le calendrier de plantation. Généralement, dans le sud de la France la mise en place des plants a lieu entre fin novembre et début décembre, pour une récolte qui commence courant février. « Je pense que certaines exploitations vont faire le choix de décaler leurs plantations de trois semaines, un mois ou un mois et demi en fonction de leurs contrats et solutions de chauffage, pour limiter les coûts, estime Valéry Goy. Beaucoup se posent des questions car on est en pleine période de commande de plants. On en saura plus d’ici la fin du mois. »

En Bretagne, la période de plantation de tomates dure un peu plus longtemps, jusqu’à fin décembre. Mais les maraîchers de Solarenn qui sont en chauffage classique (sans cogénération) ont d’ores et déjà décidé de reporter les plantations au mois de mars pour ne pas avoir à chauffer durant l’hiver, affirme Ronan Collet. Un décalage que certains avaient déjà expérimenté l’an passé pour « maîtriser » leur facture énergétique. « Ça leur a permis de limiter l’augmentation à +15 à 25 %, en consommant deux à trois fois moins d’énergie que sur une saison classique. » Nouveauté cette année, les producteurs en cogénération se posent aussi la question de décaler leur calendrier. « Certains ne savent même pas s’ils auront du gaz pour faire fonctionner leur cogénération. En plus, on entend dire que l’Europe voudrait déconnecter le prix de l’électricité du prix du gaz, or c’est cette corrélation qui est rassurante pour les producteurs en cogénération, car tant que le prix du gaz monte, le prix de l’électricité qu’ils revendent au réseau monte aussi », explique le maraîcher breton.

Pour Solarenn et Rougeline, la situation énergétique « inédite » provoque une véritable « perte de repères ». « Quand on construit une serre, c’est un investissement pour 15 ou 20 ans. On a toujours connu des évolutions de prix, du marché, ça fait partie des choses. Mais là, on est sur une rupture totale de nos références. C’est ça qui est inquiétant », lâche Valéry Goy.

Les décalages de plantation risquent de provoquer des pertes économiques considérables pour la filière tomate. Non seulement parce que les opérateurs produisent moins, mais aussi parce que les pics de production arrivent sur le marché en même temps en tirant les prix vers le bas, dans un contexte où la consommation est très dépendante de la météo (la tomate est particulièrement victime de crises conjoncturelles, NDLR). Au printemps 2022, Solarenn anticipait une baisse de production de 20 % à 25 % sur un an à cause des décalages de plantation, avant un revirement inespéré grâce à l’été exceptionnellement chaud et ensoleillé qui a permis de limiter la baisse à 5 %, raconte Ronan Collet. « Pour 2023, aucun producteur n’a abandonné. Mais après une deuxième année dans ce contexte, je ne suis pas sûre que tout le monde repartira. Si les tomates se vendent moins bien, à coup sûr il y aura de la casse. »

Panique dans les stations de stockage de pommes

Dans les stations de stockage de pommes – environ 150 en France –, les gérants n’en mènent pas large non plus, surtout ceux qui doivent ou devaient renouveler leur contrat d’électricité fin 2022. Dans ces bâtiments utilisés à l’année, le froid est généré exclusivement par de l’électricité. Habituellement, le prix de l’énergie représente un coût modique de 1,6 ct€/kg de pomme, pour un prix de revient en sortie de station d’environ 80ct €/kg. Mais en passant de 63 € jusqu’ici à 553 € actuellement (au 9 septembre), le prix du KWh est soudainement devenu un énorme sujet. Au total, la hausse induite par la flambée de l’énergie atteindrait 20 ct/kg, selon l’association nationale Pommes-Poires (ANPP).

Problème, les prix de la pomme sont pour l’instant en baisse sur le marché, du fait d’une récolte française certes « très qualitative » en termes de sucre et de calibre, mais précoce avec de possibles problèmes de coloration. Résultat : « Actuellement, il y a deux fois plus de tonnages en compote que l’an passé », constate Pierre Venteau, directeur de l’ANPP. Théoriquement, l’incidence d’un coût de stockage élevé peut être un report massif vers la filière industrie (compotes, jus…), mais si les prix y sont peu rémunérateurs, cela peut aller jusqu’à une plus forte sélection à la cueillette. « Les Polonais, qui connaissent par ailleurs des problèmes de main-d’œuvre et paient leur électricité plus cher encore qu’en France, sont dans cette perspective », assure Pierre Venteau.

La France n’y est pas encore, d’autant que toutes les stations ne sont pas encore touchées par la hausse du prix de l’électricité. L’ANPP, qui en fédère une centaine, estime qu’un quart de leurs adhérents doivent renouveler leur contrat à la fin de cette année. Certaines ont déjà signé de nouveaux contrats, avec des hausses qui varient d’un facteur trois à douze. C’est le cas de cet arboriculteur du Val de Loire, qui possède une station de 10 000 tonnes, et souhaite rester anonyme. Il a renouvelé son contrat au plus fort de la hausse, au mois d’août. Résultat : sa facture pourrait passer de 70 000 euros habituellement à… 700 000 euros en 2023. « Fallait-il signer ? Sûrement pas, mais je ne suis pas spécialiste des pommes pas de l’électricité, se désole ce producteur. Pour l’instant, le chiffre est tellement énorme, que l’on suit surtout les actualités, on attend les mesures de Bruxelles. »

Le producteur a fait ses calculs : en l’état, il devrait pouvoir bénéficier d’une aide publique à hauteur de 50 % des surcoûts. Mais il espère pouvoir décrocher 70 %, ce qui ramènerait sa facture à 369 000 euros.

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Le végétal d’ornement aussi va s’adapter

Que ce soit pour les productions d’hiver ou de printemps, les horticulteurs ont recours à des infrastructures gourmandes en chauffage. « À Noël, le consommateur attend du poinsettia. Pour le produire, il faut chauffer à 24°C durant le mois de décembre », constate Denis Moinet, horticulteur dans les Deux-Sèvres. Les entreprises qui renouvellent leur contrat de fourniture énergétique cette année seront les plus affectées. Certaines pourraient même décider d’arrêter de produire faute de rentabilité. « Si les charges liées à l’énergie dépassent 10 % du chiffre d’affaires, ça ne va pas être tenable », prévoit Ollivier Ottenwaelder, pépiniériste à Fréjus et secrétaire général de Verdir (ex-FNPHP). De quoi inquiéter l’aval de la filière sur la disponibilité de la production. « Pour l’instant nous ne savons pas si nous aurons de la marchandise durant l’hiver », s’inquiète Denis Moinet, qui possède la double casquette d’horticulteur et grossiste en fleurs et plantes.

Au-delà des potentiels arrêts de production, les horticulteurs vont devoir adapter leur production pour réduire la facture énergétique. Les deux principaux leviers permettant de réduire la température de chauffe sont : l’évolution des gammes vers des végétaux nécessitant moins de chaleur et l’adaptation des calendriers de production avec des arrivées sur le marché plus tardives. « Pour l’instant nous n’avons aucune visibilité de l’impact que cela pourrait avoir sur le marché. A priori, la production de plantes annuelles devrait réduire rapidement, celle de vivaces va voir son calendrier de production bouleversé et il y aura une adaptation de gamme sur les potées fleuries » témoigne Julien Bochnakian, pépiniériste dans les Bouches-du-Rhône et président de Verdir Paca. Une situation qu’anticipe déjà la distribution. « Cela va décaler l’arrivée des plantes printanières en magasin alors que la tendance était de les proposer de plus en plus tôt. Nous essayons d’avoir des échanges avec le réseau de magasins pour communiquer de manière collective sur des dates plus tardives de disponibilité des végétaux », explique Thomas Le Rudulier, chargé des affaires techniques au sein de la fédération des jardineries et animaleries de France.

Cette crise brutale de l’énergie pose également des questions à plus long terme. « Il faudrait repenser les infrastructures de production avec des volumes moins importants, par exemple en rabaissant les hauteurs », évoque Julien Bochnakian. Côté distribution, les questions sont aussi mises sur la table. « Au Canada les jardineries sont fermées l’hiver car il fait trop froid. Sans aller jusque-là, la question se pose de savoir si nous voulons vendre certains types de plante en hiver », s’interroge Thomas Le Rudulier.

Chez les éleveurs, les veaux de boucherie en première ligne

La hausse des prix de l’énergie a « un très gros impact en veaux de boucherie », constate Laurent Boisset, président de la section veau de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA). En 2020, l’énergie représente en moyenne 14 % des charges de production (hors rémunération), selon l’Institut de l’élevage. Premier motif de consommation : le chauffage quotidien de l’eau, mélangée à du lait en poudre pour produire l’aliment lacté destiné aux animaux. Avec la particularité que « la quantité d’énergie va grandissant au fur et à mesure que les animaux grossissent », souligne M. Boisset. Soit l’inverse des autres filières hors sol consommatrices d’énergie (volailles, porcs), où le chauffage se limite aux jeunes animaux.

D’après les chiffres 2020 du réseau Inosys, 62 % des élevages de veaux de boucherie utilisent du gaz, 3 % de l’électricité et 2 % du fioul. Mais la part du gaz se chiffrerait plutôt à « environ 75 % » sur le terrain, selon une autre enquête menée par la FNB. À court terme, le responsable de la FNB ne voit « qu’une seule solution » : « Reporter le coût énergétique sur la prestation des éleveurs » (la production de veaux de boucherie est très majoritairement réalisée en intégration). Par ailleurs, la FNB demande des indicateurs de coût de production plus réactifs (six mois au lieu d’un an).

À plus long terme, l’association spécialisée milite pour des aides à l’investissement permettant de cumuler différentes méthodes de production d’énergies renouvelables (solaire thermique, photovoltaïque, couverture des fosses à lisier, micro-méthanisation). Une demande portée dans le cadre du projet de loi AER (accélération des énergies renouvelables). L’objectif : rendre les élevages « autonomes en énergie à 100 % », ambitionne Laurent Boisset.

Au-delà des veaux de boucherie, l’ensemble des productions animales sera indirectement touché par le biais de l’alimentation animale. « Le coût énergétique (électricité et gaz) représente 3 à 4 €/t d’aliment en 2021, il devrait être quadruplé en 2023 », indique le directeur général de Sanders, Philippe Manry, à Agra Presse.

Les sucriers avancent d’une semaine les arrachages de betterave

La crise énergétique pousse les sucriers à anticiper leur campagne betteravière. Il s’agit d’éviter une coupure de gaz alimentant les usines. Cristal Union avance ses arrachages d’« une semaine environ », soit un démarrage autour du 15 septembre. Cette date est « un bon compromis, elle nous permet de préserver autant que possible le potentiel agronomique de nos betteraves touchées par la sécheresse tout en adaptant l’activité de nos usines au contexte énergétique sous pression », souligne le président Olivier de Bohan. Tereos démarre lui aussi en avance pour « limiter l’exposition de la coopérative aux risques d’approvisionnement en gaz au cours de l’hiver prochain ». Ses sucreries ouvrent « jusqu’à huit jours plus tôt. Ce calendrier tient également compte de l’actualisation de la prévision de rendement, inférieure à la moyenne sur cinq ans, et de la persistance de la sécheresse. »

Des mesures sont prises pour économiser du gaz. Cristal Union a annoncé le 13 septembre un objectif de baisse de 10 % de sa consommation. « Nous réduisons sans attendre nos consommations de gaz sur nos activités non prioritaires ou pouvant être reportées », explique le groupe. « Toutes les activités de déshydratation fonctionnant au gaz ont été arrêtées, au bénéfice des seules chaudières biomasse dont le déploiement a été accéléré ces derniers mois. » Cela concerne les pulpes de betterave, dont la production sur les sites de Fontaine-le-Dun et Corbeille-en-Gâtinais a basculé en pulpes surpressées. L’arrêt des deux unités de déshydratation doit permettre à lui seul 5 à 6 % d’économie de gaz, précise le directeur général Xavier Astolfi. Les sites de Bazancourt, dès le mois de mai, Pithiviers-le-Vieil, depuis cet été, ont, eux, démarré la pulpe déshydratée via une chaudière biomasse. Cristal Union prévoit aussi d’« augmenter ses capacités de stockage de produits intermédiaires en cours de campagne (sirops de sucre et alcool brut), dans l’attente de périodes moins tendues au niveau énergétique ».

Dans la filière laitière, les tours de séchage frémissent

En lait, les industriels préparent des plans de continuité de l’activité pour assurer la collecte et la transformation en cas de délestages ou de réduction de l’approvisionnement. La filière tente de faire reconnaître ses spécificités auprès des pouvoirs publics : le lait, denrée périssable, ne peut pas être stocké et doit être collecté toutes les 24 ou 48 heures. « Une usine à l’arrêt, c’est du lait qu’on met au caniveau », souligne le président de la Coopération laitière, Pascal Le Brun. Les usines de transformation utilisent du gaz pour différentes activités : pasteuriser le lait, le concentrer, ou encore nettoyer l’usine à la vapeur. Mais les tours de séchage servant à fabriquer de la poudre de lait sont de loin l’équipement le plus consommateur. « D’après notre enquête, 120 sites de transformation laitière consomment plus de 5 gigawatts par an de gaz. Or, ces sites collectent le lait de 40 000 producteurs, soit 80 % des exploitations, explique le p.-d.g. de la Fnil (industriels « privés ») François-Xavier Huard. Tout rationnement ou délestage aura nécessairement un impact sur la collecte. »

Les alternatives au gaz sont encore peu développées dans l’industrie laitière. Selon l’enquête de la Fnil, seuls 6 % des 120 sites les plus consommateurs peuvent le substituer par une autre énergie, principalement par des chaudières à biomasse. Une technologie qui nécessite « des investissements lourds et longs dans le temps », souligne François-Xavier Huard. Autre possibilité : l’énergie photovoltaïque. Le numéro un des produits laitiers, Lactalis, a pour projet d’alimenter son usine d’ingrédients près de Verdun grâce à la plus grande centrale solaire thermique de France. L’entreprise estime ainsi pouvoir réduire la consommation de gaz naturel du site de 11 %. Mais, alors que sa mise en fonctionnement était initialement prévue début 2022, la centrale n’est pas encore sortie de terre…

« 500 000 euros/ha. C’est plus que le chiffre d’affaires ! »

Les producteurs de pomme polonais pourraient cueillir moins

« Nous ne savons pas si nous aurons de la marchandise durant l’hiver »

« La quantité d’énergie va grandissant au fur et à mesure que les animaux grossissent »

Les sucreries Tereos ouvrent « jusqu’à huit jours plus tôt »

120 sites de transformation laitière consomment plus de 5 gigawatts par an de gaz