Des pertes importantes dues à l’épisode de gel du 31 mars au 5 avril sont à craindre en fruits à noyaux, fruits à pépin et viticulture, dans toute la France. Dans le Sud-Ouest, la prune d’Ente est en première ligne.
La FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) estime que les dégâts liés au gel des derniers jours sont « plus hétérogènes qu’en 2021 », a indiqué sa directrice Stéphanie Prat le 4 avril. Dans un communiqué le même jour, la société ITK (outils d’aide à la décision) confirmait que « les pertes journalières en 2022 sont disparates suivant les nuits », et potentiellement « faramineuses » pour les variétés ayant déjà débourré dans les exploitations sans moyens de lutte contre le gel.
S’il est trop tôt pour connaître l’ampleur des pertes, des dégâts importants sont attendus dans le Sud-Ouest notamment en fruits à noyau. Interrogé le 6 avril, le président du bureau interprofessionnel du pruneau (BIP) Nicolas Mortemousque a estimé que « a minima 70 % de la récolte de prunes d’Ente sera perdue » – pour un potentiel de production de 45 000 t. La filière, qui compte près de 1 000 producteurs situés principalement dans le Lot-et-Garonne et cinq départements limitrophes, a subi un gel « violent » pour la deuxième année consécutive mais cette fois avec des stocks de pruneaux « quasiment à zéro ». « Il faudra faire des choix entre approvisionner les marchés d’export ou le marché intérieur, pour lequel la production 2022 ne sera de toute façon pas assez suffisante », a ajouté M. Mortemousque, en précisant que la filière du pruneau d’Agen représente « 10 000 emplois directs et indirects » dans le bassin sud-ouest.
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« Difficile de savoir »
Des dommages sont à craindre dans les vergers de mirabelle de Lorraine, où la floraison avait débuté, et dans les vergers de pommes, poires et cerises de la région Centre. « En Centre-Val de Loire on a eu des températures qui sont descendues à -7°C ! [Les producteurs] ont quand même pu lutter, mais, pour l’instant, c’est très difficile, voire impossible de savoir […] si cela va faire un éclaircissage, à moindre mal si l’on peut dire, ou si on aura des pertes vraiment importantes de volumes », a expliqué Mme Prat. En revanche, la vallée du Rhône semble avoir été en partie épargnée car protégée par le Mistral. Dans la vigne bordelaise, le président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux Bernard Farges, « craint un impact du niveau de 2021 », tout en estimant que « les vignes les moins avancées ont été épargnées », selon l’AFP.
D’après un tweet de Météo France le 4 avril, la nuit de dimanche à lundi a été la plus froide jamais enregistrée en avril depuis 1947. Mais au-delà de la température, d’autres éléments tels l’hygrométrie, le vent et la couverture nuageuse déterminent le risque de gel. Dans le Sud-Ouest, c’est bien la nuit noire du samedi au dimanche qui a occasionné « 90 % des dégâts », selon le président du BIP.