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Graine de Choc valorise la féverole pour l’alimentation humaine

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Les pâtes à tartiner à base de féverole développées par Graine de Choc. Crédits : © Graine de Choc

Longtemps cantonnée à l’alimentation du bétail, la féverole fait son retour, grâce notamment à la start-up Graine de Choc, qui commercialisera les premiers produits à destination de l’alimentation humaine en 2025.

Créée en 2019, la start-up Graine de Choc développe la féverole pour l’alimentation humaine, sous forme de légumineuse classique et d’ingrédients pour l’agroalimentaire. L’entreprise planche également sur le lancement d’une filière meunerie. « Le lancement a pris du temps, car l’approvisionnement était compliqué, explique Béatrice Maine, fondatrice. J’avais besoin de faibles volumes, quelques tonnes seulement, et les coûts logistiques étaient démesurés. » Aujourd’hui, Béatrice Maine travaille avec les coopératives Dijon Céréales et Unéal, et l’entreprise a prévu une marge nette pour les agriculteurs de 1000€/ha. Graine de Choc devrait, cette année, commercialiser une centaine de tonnes de féveroles. « Nous visons entre 200 et 250 tonnes en 2026, et de 700 à 800 tonnes en 2030 », indique la dirigeante. 

Une variété spécifique 

L’identification de la bonne variété a constitué un défi pour la start-up, qui garantit une féverole à faible teneur en vicine-convicine, des enzymes pouvant entraîner une anémie grave chez certains sujets. « Les variétés à la teneur inférieure aux seuils recommandés par l’Anses existaient déjà, mais n’étaient pas semées pour cette caractéristique, explique Béatrice Maine. Il s’agit uniquement de variétés de printemps, ce qui explique qu’elles soient encore rares en France. » Les régions du Sud, qui cultivent la féverole, y compris pour l’alimentation humaine, ont un climat incompatible avec la conduite de féveroles de printemps. L'entrepreneuse a reçu l’aide d’Inrae Dijon pour identifier la bonne génétique, qui provenait de Bretagne. « Mais il a fallu la multiplier, car les volumes disponibles étaient très faibles. Les premières années, nous n’avons pas pu être en agriculture biologique, faute de semences », explique-t-elle. 

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La TPE, qui a bénéficié d’un financement initial de Bpifrance, puis d’un accompagnement au développement de filière par la région Hauts-de-France, devrait trouver son équilibre financier cette année, à la faveur des partenariats noués avec des industriels du Nord et de l’Est de la France.