Ravis de la proposition de la Commission européenne de revoir à la baisse le statut de protection du loup, les ministres de l’Agriculture de l’UE espèrent que d’autres espèces (ours et lynx en particulier) pourront suivre la même voie. Mais il faudra commencer par convaincre les ministres de l’Environnement de l’UE.
Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont, une nouvelle fois, exprimé leur soutien, le 23 janvier lors de leur réunion à Bruxelles, à la proposition de la Commission européenne visant à adapter le statut de protection du loup pour permettre aux États membres d’avoir recours à des mesures de gestion des populations plus souples. La délégation finlandaise, soutenue par l’Autriche, la République tchèque, la Grèce, l’Italie, la Lettonie, la Roumanie, la Slovaquie et la Suède, a aussi demandé à Bruxelles d’aller plus loin en identifiant les autres populations de grands carnivores dont le statut de protection pourrait être revu à la baisse citant l’ours brun et le lynx. Profitant de l’ouverture, d’autres ministres ont allongé cette liste : phoques, cormorans, chacals…
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David Clarinval, le ministre belge de l’Agriculture, qui préside le Conseil de l’UE, a indiqué qu’il enverrait au président en exercice du Conseil Environnement, son collègue Alain Maron, une lettre sur les inquiétudes exprimées sur le sujet au sein du Conseil Agriculture. C’est donc bien les ministres de l’Environnement de l’UE qui auront la main sur ce dossier. Ils devraient en discuter lors de leur réunion le 25 mars, à Bruxelles.
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Une étape préalable
En ce qui concerne la modification des annexes de la directive, un changement de statut dans le cadre de la convention internationale de Berne est une condition préalable à tout changement des règles de l’UE. Ce n’est que dans un second temps que les annexes de la directive Habitat pourraient être modifiées. Virginijus Sinkevičius, le commissaire européen à l’Environnement, a précisé qu’en juillet de l’année prochaine, tous les États membres soumettront leurs rapports au titre de la directive Habitats, « ce qui nous permettra de disposer de données et d’évaluations actualisées pour toutes les espèces couvertes par la directive ». Sur la base de ces données et des évaluations nationales, la Commission européenne évaluera l’état de conservation par région biogéographique de l’UE, ce qui permettra, en 2026, de dresser un tableau complet de l’état de conservation des grands carnivores et d’autres espèces sauvages protégées.
À l’occasion d’un débat sur le sujet, organisé le 24 janvier en commission de l’Environnement du Parlement européen, de nombreux élus (principalement des groupes Renew, Vert, Social-démocrate et de la gauche radicale) ont critiqué une proposition purement électoraliste ne reposant sur aucune base scientifique.