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Greenpeace souligne le rôle de l’élevage européen dans la déforestation

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Dans un rapport publié le 11 juin et largement relayé, Greenpeace dénonce l’impact de la consommation de viande des Européens sur la déforestation en Amérique latine, via l’importation de soja. « L’UE fait entrer en moyenne chaque année sur son territoire 33 millions de tonnes de soja », dont « 50 % pour la volaille », « 24 % pour les porcs » et « 16 % pour les vaches laitières », déplore l’ONG.

La viande bovine est la moins consommatrice, avec seulement 7 % du total. Les régions les plus menacées par la culture de soja sont le « grand Chaco, la plus grande forêt sèche d’Amérique latine », et le « Cerrado, une savane brésilienne qui abrite l’une des plus grandes biodiversités au monde », et qui aurait « perdu la moitié de sa végétation d’origine », indique Greenpeace.

Une bonne nouvelle toutefois : l’Amazonie brésilienne fait « l’objet d’un moratoire » depuis 2006, qui a permis « d’endiguer la déforestation ». Selon l’association, les régions couvertes par le moratoire ont assisté, en dix ans, à une baisse de 86 % de la déforestation due à la production de soja. Toutefois, l’arrivée du nouveau gouvernement de Jair Bolsonaro au Brésil fait craindre un retournement de la dynamique.

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L’association appelle à « réduire drastiquement notre consommation de viandes et produits laitiers », dans la mesure où, « vu les niveaux de consommation actuels, relocaliser en Europe la production de soja n’est pas envisageable ». « Rien qu'en France, cela reviendrait à consacrer les terres agricoles de trois départements à cette unique culture », ajoute Greenpeace.

L’ONG n’appelle toutefois pas à renoncer à l’élevage : « Nous ne sommes pas du tout anti élevage », précise Cécile Leuba, chargée de mission forêt à Greenpeace. L’association préconise cependant une baisse de « 80 % de la consommation de viande en Europe », pour favoriser « l’élevage écologique et paysan » et « l’indépendance protéique de l'Europe ». Elle appelle à « accompagner » financièrement les agriculteurs dans cette voie.

La viande bovine est la moins consommatrice en tonnes