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Exploitations Groupama expérimente l’assurance revenu

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Les productions de blé-colza et de porc font l’objet d’une garantie de chiffre d’affaires ou de marge mise en place par Groupama. Il s’agit moins d’un test de viabilité en grande nature que d’une expérience destinée à mieux comprendre les besoins des agriculteurs. Pour étendre cette initiative, de même que pour développer l’assurance récolte notamment aux fourrages, les dirigeants de Groupama insistent auprès du gouvernement pour qu’une réponse soit donnée en matière de réassurance.

«Para » : tel est le nom de l’expérimentation menée par Groupama, « Protection par l’assureur du revenu agricole ». L’expérience est menée auprès d’une centaine de producteurs de blé-colza dans le nord du pays et d’une cinquantaine d’éleveurs de porcs en Bretagne. Chez les premiers, c’est le risque de baisse du chiffre d’affaires (par rapport à une moyenne historique sur cinq ans) qui est assuré et chez les seconds, c’est la marge brute (chiffre d’affaires déduit du coût de l’aliment surtout) qui est garantie. Tel est le mécanisme décrit par les dirigeants de Groupama à l’occasion d’une conférence de presse le 8 février. Pour l’instant, Groupama est très prudent sur ce qui peut découler de cette expérience. L’idée est surtout d’observer quelle est la demande des agriculteurs et comment fonctionne le système. Le faible échantillon doit rendre prudent sur les conséquences à tirer, affirment les patrons de l’assureur, lequel se qualifie aussi d’organisation professionnelle agricole, c’est-à-dire mobilisée par la défense du revenu des paysans.

Pour une réassurance publique

De plus, une extension de cette assurance nécessiterait une « réassurance » de la part de l’Etat. Autrement, dit, en cas de coup dur de grande dimension, les moyens de l’assureur ne suffisant pas pour indemniser, l’Etat doit intervenir. Déjà, pour l’assurance récolte actuelle (qui ne tient pas compte des prix de marché) l’Etat n’a pas mis en place de réassurance contrairement à ce que prévoyait la loi de modernisation. C’est ce qui handicape notamment la mise en place d’une garantie fourrage, fait-on remarquer chez Groupama. L’entreprise d’assurance plaide donc vivement auprès des pouvoirs publics pour qu’une telle réassurance soit mise en place. La réassurance privée, pour sa part, n’aurait qu’une capacité d’intervention de 800 millions d’euros alors qu’en cas de coup dur national, le coût pourrait représenter près de 3 milliards d’euros dans le cas où 70% des exploitations agricoles sont assurées.

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