Envisagé de manière inopinée et sans grand objectif par Nicolas Sarkozy, le projet de loi de modernisation agricole peut être, somme toute, une bonne occasion de régler bon nombre de problèmes qui ont surgi ces derniers mois. L’organisation des marchés, le rôle des interprofessions, le foncier, les outils d’assurance, la fiscalité… autant de sujets qui méritent une approche moderne dans un contexte de Politique agricole commune déliquescente.
Mais encore faut-il une certaine sérénité pour travailler sur tous ces sujets. En voulant des débats à la hussarde, faisant intervenir des dizaines et des dizaines d’organisations de toutes sortes en un temps record, le ministère de l’agriculture ne se donne pas vraiment les moyens de dégager l’essentiel. À moins que ses occupants aient déjà bien en tête une idée précise de ce qu’ils veulent mettre dans la loi.
En sens inverse, pour les professionnels (les majoritaires à Clermont Ferrand comme les minoritaires à Rennes) mettre un ministre à l’épreuve d’une foule hostile à l’agressivité plus ou moins organisée, n’est pas le meilleur moyen d’être entendu par le pouvoir politique.
La concertation politico-syndicale n’a pas grand-chose à gagner si chacun des deux bords s’emploie à déstabiliser l’autre. Quel que soit le lieu vers lequel on se tourne, de l’Élysée à la rue de Varenne, de la rue de la Baume à Bagnolet, l’observateur sent bien une atmosphère électrique dans les milieux agricoles. De la haute tension, même. Tout cela peut s’expliquer par un cocktail détonnant : une PAC bientôt au rabais ; une Europe sourde, des fonds publics qui se font rares ; des marchés en crise, des organisations économiques qui se cherchent, etc. Il faudra bien que chacun fasse un petit pas en avant vers l’autre pour que… le courant passe.

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