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HVE : l’échec de certaines incitations publiques

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L’écorégime et le conseil stratégique phytosanitaire auraient dû favoriser l’essor de la HVE, ce qui n’a pas été le cas. De plus, des agriculteurs déjà certifiés HVE ont été refroidis par une « cacophonie » sur le crédit d’impôt.

Contrairement aux attentes, deux incitations publiques n’ont finalement pas permis de faire décoller la HVE. À commencer par l’écorégime de niveau supérieur, que l’on peut obtenir par la voie de la certification environnementale. « HVE est un moyen, mais ce n’est pas le seul. Il y a d’autres moyens pour y prétendre, qui sont assez accessibles », observe le président de l’organisme certificateur Certis, Vincent Couepel, faisant référence à la voie des pratiques de gestion agro-écologique et à la voie des éléments favorables à la biodiversité. « En fin de compte, les agriculteurs ne vont pas aller en HVE pour l’écorégime de niveau supérieur », résume-t-il.

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L’effet conseil stratégique phytosanitaire (CSP) n’a pas non plus été significatif pour le développement de la HVE. Pourtant, la loi Egalim introduisait l’obligation pour les agriculteurs de réaliser deux CSP en cinq ans pour obtenir ou renouveler leur certiphyto, à l’exception des agriculteurs certifiés HVE ou en agriculture biologique, selon un arrêté du 16 octobre 2020. « Normalement, 100 % des agriculteurs auraient dû faire leur premier conseil stratégique avant le 31 décembre 2023, et en réalité, il n’y en a eu quasiment aucun », rappelle Vincent Couepel. Depuis, le gouvernement a prolongé deux fois la durée du certiphyto, jusqu’au 1er mai 2026, après avoir prononcé un moratoire sur le CSP en février 2024. « Dans ce contexte-là, la HVE n’est plus un argument », constate le dirigeant de Certis.

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Crédit d'impôt décevant

Autre élément qui a pu décourager des exploitations de conserver la certification HVE : une certaine « cacophonie » sur le crédit d’impôt, selon le dirigeant de Certis. « À ceux qui étaient en V3 et sont passés en V4, il avait été annoncé qu’ils pourraient bénéficier à nouveau du crédit d’impôt HVE de 2 500 euros, car la V4 était présentée comme une nouvelle certification. Mais en fin d’année 2024, il leur a été dit que ce n’était pas possible », détaille Fabien Zedde, directeur de l’organisme certificateur Ocacia. Une publication au BO des finances publiques du 27 novembre clarifie que le crédit d’impôt ne peut être versé qu’une fois. « Ça a été une grosse déception chez les agriculteurs. J’ai eu des gens qui pleuraient au téléphone », ajoute Fabien Zedde.

« La HVE n’est plus un argument »