Le cercle de réflexion veut mettre fin à la voie B et durcir la voie A d’accès à la HVE (Haute valeur environnementale). Les organisations professionnelles de HVE Développement sont inquiètes.
Dans une courte note diffusée le 16 mars, l’Iddri, un cercle de réflexion spécialisé dans le développement durable, se positionne « pour une révision profonde » du cahier des charges de la HVE (niveau 3 de la certification environnementale), faute de quoi le dispositif des éco-régimes auquel il pourrait être associé dans le cadre de la future Pac « se trouvera décrédibilisé ». Dans le détail, l’Iddri plaide pour la suppression de la voie B (basée sur le ratio intrants/chiffre d’affaires) permettant d’accéder à la certification, et pour le durcissement de la voie A (à quatre thèmes).
Concernant la voie B, l’Iddri estime que « les exploitations des filières à forte valeur ajoutée (viticulture) ou à fort coût de main-d’œuvre (maraîchage) peuvent obtenir la certification sans aucune amélioration de leur performance environnementale ». Pour la voie A, le cercle de réflexion plaide pour un rehaussement des « indicateurs et seuils », et l’intégration de nouveaux thèmes comme le changement climatique. L’Iddri pointe notamment les exigences en matière d’infrastructures agroécologiques, qu’il estime trop proches de la conditionnalité de la Pac.
Ces derniers mois, la HVE a fait l’objet de critiques de la Confédération paysanne et de FNE, qui la jugent trop permissive. À l’inverse, la FNSEA plaidait en septembre pour une reconnaissance du niveau 2 de la certification au titre des futures éco-régimes, et non de la HVE.
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« Un mauvais procès »
Interrogée sur la note de l’Iddri par Agra Presse, l’association HVE Développement, qui regroupe des organisations professionnelles impliquées dans cette mention valorisante (Vignerons indépendants, Maraîchers nantais…) propose plutôt une « adaptation » de la voie B. Un « mauvais procès » est fait à cette option, qui constitue « une facette intéressante de la mesure de l’autonomie des exploitations », commente Laurent Brault, qui anime HVE Développement. Toutefois, l’organisation se dit ouverte à sa suppression si une controverse continuait « d’alimenter des rumeurs ».
Laurent Brault continue de s’étonner que cette option, initialement portée par FNE, pût être « si bonne en 2011 et si mauvaise aujourd’hui ». Et de s’inquiéter pour l’avenir des relations entre les ONG et le monde agricole, invitant les parties prenantes à se « remettre autour de la table ». Concernant la voie A, HVE Développement réfute la critique de l’Iddri sur l’exigence du cahier des charges : « Dire que la HVE est moins exigeante que la Pac, c’est sacrément gonflé. La meilleure preuve, c’est que nous sommes encore loin d’une explosion des certifications. » Les entreprises plaident plutôt pour une adaptation de cette voie à l’ensemble des filières, travail qui n’est pas encore achevé.