8 218 exploitations sont désormais certifiées HVE, soit une hausse de 50 % par rapport à 2019. Le ministère de l’Agriculture envisagerait de supprimer la voie B, minoritaire mais décriée, pour se concentrer sur les adaptations à réaliser dans la voie A.
En juillet 2020, elles étaient 8 218 en France. 8 218 exploitations certifiées HVE (Haute valeur environnementale) contre 5 400 en 2019, soit une hausse de 52 % sur un an selon le communiqué publié par le ministère de l’Agriculture à l’issue de la Commission nationale de la certification environnementale (CNCE) du 20 novembre. Si la croissance est rapide, l’objectif demeure encore lointain : ce seront près de 6 000 exploitations supplémentaires qui devront atteindre le niveau 3 de la certification environnementale pour espérer répondre à l’ambition fixée du Plan biodiversité publié en 2018. Nouveauté du rapport, le ministère a également calculé la surface correspondante : près de 366 325 hectares de surface agricole utile (SAU) soit 1,35 % de la SAU française, seraient certifiés HVE.
Avec près de 6 669 exploitations, contre 4 532 précédemment, la viticulture reste largement majoritaire dans le total. En maraîchage et en arboriculture, le nombre d’exploitations certifiées a cependant marqué en bond en augmentant de plus de 60 % sur un an, pour atteindre respectivement 340 et 644, contre 132 et 391 auparavant. En grandes cultures, l’augmentation est également sensible, avec un nombre de certifiés passant de 262 à 411. « L’autre conclusion, c’est que le fait d’être éleveur n’est plus un frein pour obtenir la certification », se réjouit Laurent Brault. Le nombre d’exploitations d’élevage toutes filières confondues aurait ainsi doublé en un an, augmentant de 134 à 261 exploitations. Certaines, poursuit Laurent Brault, ont même obtenu la certification pour plusieurs ateliers.
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« Les chiffres confirment ce que l’on pensait : beaucoup de gens s’intéressent à la certification », se réjouit Hervé Lapie, secrétaire adjoint de la FNSEA qui suit la HVE pour le syndicat. La hausse, analyse-t-il, pourrait être en grande partie due à la généralisation de la HVE comme critère d’achat pour de nombreuses coopératives, ou distributeurs.
Quid des voies empruntées pour accéder à la HVE ? Le ministère de l’Agriculture n’a pas publié le chiffre sur son site officiel, mais il a été communiqué aux participants de la CNCE. Ce serait près de 78 % des exploitations qui auraient emprunté la voie A pour obtenir le précieux sésame HVE, contre 22 % seulement pour la voie B, considérée comme moins exigeante. « Est-ce que la voie B, avec si peu de candidats, et tellement de critiques, peut être pérenne ? », s’interroge Laurent Brault. Alors que toutes les filières prennent le tournant de la HVE, le ministère semblerait partager son analyse, et pencher actuellement vers la suppression de la deuxième voie, pour se concentrer sur les aménagements des cahiers des charges de la voie royale.
22 % des certifiés passeraient par la voie B