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Importations ukrainiennes : « Frein d’urgence » déclenché sur le gruau

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Comme prévu, Bruxelles a mis en place la mesure de « frein d’urgence » sur les importations de gruaux ukrainiens. C’est le 4e produit à en bénéficier et le miel pourrait rapidement suivre. De leur côté, les producteurs français de blé sont inquiets pour la filière.

La Commission européenne a une nouvelle fois activé, le 19 juillet, le « frein d’urgence » automatique prévu dans le cadre des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine en vigueur depuis juin. Cette fois-ci, ce sont les importations de gruaux en provenance d’Ukraine qui sont concernées. En effet, les volumes ont atteint le seuil de déclenchement correspondant aux moyennes annuelles enregistrées entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2023, à savoir 20 648,24 t. Ainsi, à compter du 22 juillet et jusqu’au 5 juin 2025, les importations de gruaux ukrainiens vers l’UE se feront dans le cadre du contingent tarifaire de l’accord d’association entre les parties en place depuis 2016. Toutefois, les volumes importés depuis le début de 2024 étant déjà supérieurs aux seuils fixés dans le contingent tarifaire, les importations supplémentaires se poursuivront avec les droits de la nation la plus favorisée de l’OMC. Un nouveau contingent tarifaire d’un volume de 8 603,43 t – correspondant à 5/12 du seuil déclenchement – sera applicable à partir du 1er janvier et jusqu’au 5 juin 2025.

Lire aussi : Importations ukrainiennes : activation imminente du « frein d’urgence » sur les gruaux

Avec la mise en place de cette mesure, le gruau devient le quatrième produit (sur les sept concernés) à bénéficier de ce nouveau système, après l’avoine le 18 juin, le sucre et les œufs le 1er juillet. Et les autres sont aussi proches des seuils de déclenchement. À l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE du 15 juillet, le commissaire a précisé que le miel avec 89 % des niveaux atteints et, dans une moindre mesure, le maïs (65 %) et la volaille (59 %), devrait être le prochain. En parallèle, l’UE et l’Ukraine sont engagées dans des discussions concernant la libéralisation mutuelle des tarifs dans le cadre de l’accord commercial. Cependant, étant donné le stade préliminaire du processus, « il n’y a rien à signaler pour le moment », a confirmé le commissaire Wojciechowski lors du Conseil Agriculture du 15 juillet.

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Et le blé ?

Ce nouveau freinage d’urgence de Bruxelles a provoqué l’ire des producteurs français de blé (AGPB) qui, dans un message publié sur le réseau social X, interpelle la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, récemment reconduite pour un second mandat, sur le sens de ses priorités. L’AGPB souligne notamment que « les importations de blé ukrainien dans l’UE ont été multipliées par 20 en deux ans » et qu’elles « fragilisent lourdement les céréaliers européens ». Un constat partagé par la nouvelle eurodéputée PPE (droite) Céline Imart. Au cours de sa première intervention le 23 juillet en commission de l’Agriculture du Parlement européen, la céréalière a précisé que le soutien à l’Ukraine ne doit pas se faire au détriment des agriculteurs et que des mesures, notamment sur le blé, s’imposent.