Abonné

Importations ukrainiennes : les mesures transitoires validées

- - 3 min

En toute discrétion, les experts nationaux du comité OCM ont validé les mesures de transitions UE/Ukraine. La Commission européenne dispose ainsi d’une bouée de sauvetage alors que le nouveau texte devant remplacer les mesures commerciales autonomes se fait attendre. Et chacune des parties met en avant ses arguments et avance ses pions pour obtenir un bon accord.

Alors que l’obtention d’un compromis sur la révision de l’accord d’association UE/Ukraine d’ici le 5 juin apparaît improbable, les experts des États membres ont validé, le 22 mai en comité de l’organisation commune des marchés agricoles, les mesures transitoires permettant de remplacer les mesures commerciales autonomes. Concrètement, l’acte d’exécution et ses annexes prévoient un retour aux quotas en franchise de droits qui étaient en vigueur avant la guerre, mais avec un prorata sur sept mois, du 6 juin au 31 décembre 2025, confirmant un projet consulté par Agra à la mi-mai. Au niveau sectoriel, le blé, l’orge, le maïs, la viande bovine, les produits laitiers, la viande porcine, le sucre, les œufs et la viande de volaille sont concernés. Et l’exécutif européen prévient : ces dispositions transitoires n’ouvrent aucun quota et n’accordent aucune nouvelle quantité pour l’Ukraine. L’objectif, selon le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, est d’assurer la continuité des importations en provenance d’Ukraine dans le cadre du régime préférentiel de l’accord de libre-échange, la prévisibilité sur le marché et une transition en douceur des mesures commerciales autonomes.

Exercice d’équilibriste

Maintenant, il reste, pour Bruxelles, à se mettre d’accord avec Kiev. À ce titre, le résultat du second tour de l’élection présidentiel en Pologne (dont le second tour se tient le 1er juin), souvent mentionnée comme source du blocage des discussions actuelles, pourrait faire basculer le destin de l’accord. Quoi qu’il en soit, le texte qui en sortira devra être équilibré, prévient déjà la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, en marge de la réunion du Conseil Agriculture du 26 mai. Et d’ajouter : « Le soutien ne peut pas se faire sans considérer les conséquences pour nos propres producteurs », citant notamment les filières de la volaille, des céréales et du sucre.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

organisation commune de marché
Suivi
Suivre

Lire aussi : Importations ukrainiennes : Bruxelles va proposer des mesures transitoires

De son côté, le ministre ukrainien de l’Agriculture, Vitalii Koval, espère que cet accord permettra à son pays d’avoir des relations commerciales claires et prévisibles avec l’UE. « Notre position envers nos partenaires européens est claire : l’Ukraine ne réclame pas de privilèges. Nous demandons un partenariat qui fonctionne en temps de guerre. Il s’agit de confiance, de règles commerciales justes, transparentes et prévisibles qui nous aident à survivre », a-t-il indiqué à l’occasion du Conseil des ministres de l’Agriculture du 26 mai auquel il a participé. Et de conclure : « L’Ukraine ne représente pas une menace pour le marché européen. Nous contribuons à sa résilience. Nous respectons les préoccupations des États membres de l’UE pour leurs propres agriculteurs. Mais nous devons trouver un modèle de partenariat, et non de concurrence ».