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Importations ukrainiennes : les organisations agricoles font pression sur Bruxelles

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Alors que la Commission européenne doit présenter d’ici fin janvier une proposition de révision des dispositions de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine, plusieurs organisations agricoles sectorielles plaident pour le maintien « de sauvegardes suffisantes » vis-à-vis des importations ukrainiennes.

Alors que l’année 2025 sera celle de la fin des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine (5 juin) et leur remplacement par une révision des dispositions de l’accord d’association, plusieurs organisations agricoles sectorielles (volaille, sucre, maïs, œufs et éthanol) appellent la Commission européenne, dans un communiqué commun publié le 15 janvier, à une approche prudente et équilibrée. Dans le détail, une telle approche passerait par le maintien « de limites et de sauvegardes suffisantes » destinées à « garantir que les agriculteurs et les fabricants de l’UE ne soient pas disproportionnellement affectés ». Ces associations sectorielles souhaitent également que Bruxelles évite « le piège de la libéralisation complète de certains produits pas encore touchés par les importations ukrainiennes », citant les pommes de terre, le porc, les produits laitiers ou l’éthanol. Enfin, elles réclament que cette procédure puisse accélérer « l’alignement des normes ukrainiennes avec l’acquis communautaire ».

Lire aussi : Importations ukrainiennes : les betteraviers européens inquiets de la révision de l’accord

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Ce réexamen est prévu par l’article 29 de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine. Par le biais de ce processus, l’exécutif européen souhaite accélérer et élargir le champ d’application de l’élimination mutuelle des droits de douane dans le cadre de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine. Des consultations sont en cours dont le résultat sera formellement reflété dans une décision du comité d’association en configuration commerciale. Pour que la Commission européenne puisse valider celle-ci, elle doit obtenir l’aval du Conseil de l’UE.

Varsovie veut accélérer

Selon ces organisations, la proposition de Bruxelles pourrait donc intervenir dans le courant du mois de janvier. Interrogé par Agra, Olof Gill, le porte-parole de la Commission européenne en charge du Commerce international n’a pas souhaité, à ce stade, « spéculer sur le calendrier exact des différentes phases du processus ». Parallèlement, la présidence polonaise du Conseil de l’UE ambitionne d'« accélérer » les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, a confirmé le Premier ministre polonais, Donald Tusk, le 15 janvier à Varsovie, lors d’une conférence de presse en présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Les deux dirigeants ont adopté le même jour une déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à travailler, dans le cadre de l’accord de libre-échange UE-Ukraine, à améliorer, si possible, la circulation des personnes, des biens et des capitaux.