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Importations ukrainiennes : pressions pour renforcer les mesures de sauvegarde

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Les eurodéputés agricoles du Parlement européen se sont prononcés le 26 février en faveur d’un renforcement des mesures de sauvegarde agricoles face aux importations ukrainiennes, conformément aux souhaits des filières européennes mais au grand dam des Ukrainiens. Toutefois, ils n’ont pas la main sur ce dossier qui devra passer le 7 mars, l’épreuve de la commission parlementaire du Commerce international.

Alors que le Conseil de l’UE a choisi de suivre la proposition initiale de la Commission européenne, les eurodéputés de la commission de l’Agriculture (Comagri) ont largement adopté (par 31 voix contre 7 et 5 abstentions) le 26 février leur avis relatif à la prolongation des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine, à l’opposé de la vision des États membres. Les eurodéputés agricoles y expriment leur souhait de renforcer les mesures de sauvegarde pour certaines filières, dans un contexte où la hausse des importations ukrainiennes est au cœur de la contestation des agriculteurs dans certains États membres à l’Est, en première ligne du conflit.

Lire aussi : Importations ukrainiennes : le Conseil de l’UE valide sa position sans les céréales

Concrètement, le texte reprend notamment les principales préoccupations soulevées par le secteur. La Comagri souhaite plus particulièrement étendre le champ d’application du dispositif de « frein d’urgence » – restauration automatique de droits de douane au-delà d’un certain seuil d’importation – aux céréales, aux oléagineux et au miel. Les parlementaires estiment également que la moyenne des importations des années 2021 et 2022 devrait être prise en compte dans le calcul de la période de référence, et non la période 2022-2023 comme le prévoit la proposition de la Commission européenne.

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D’ailleurs, une coalition d’organisations représentant plusieurs filières agricoles de l’UE (volaille, sucre, maïs, œufs), organisée autour du Copa-Cogeca, s’est félicitée dans une déclaration conjointe du 27 février de ce « résultat positif ». Ces organisations estiment notamment que les parlementaires de la Comagri ont compris « la situation difficile dans laquelle se trouvent les producteurs de l’UE concernés et la nécessité de trouver un juste équilibre ». A contrario, ce vote inquiète les entreprises agricoles ukrainiennes (UCAB – Ukrainian agrobusiness club). « Ne vous y trompez pas : s’ils sont adoptés dans leur intégralité, les amendements peuvent vider de leur substance les MCA (N.D.L.R. : mesures commerciales autonomes) de l’UE pour l’année prochaine et réduire à néant leur effet sur l’économie ukrainienne », est-il précisé dans un communiqué publié le 28 février.

Toutefois, c’est la commission du Commerce internationale (Cominta), compétente au fond, qui aura le dernier dans ce dossier. L’enjeu est d’ailleurs bien compris par la coalition européenne qui précise dans son communiqué : « Il est impératif que l’élan positif acquis au sein de la commission AGRI soit non seulement maintenu, mais qu’il serve d’inspiration. » La Cominta se prononcera sur la question lors de sa réunion du 7 mars.