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Bioénergies Inauguration de la première chaufferie à granulés de paille

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La première chaufferie à granulés de paille de céréales a été inaugurée le 7 février dans une petite commune du Loir-et-Cher, pour des logements sociaux. Le potentiel de paille utilisable en France étant de 4 millions de tonnes sans altérer la fertilité du sol, de nombreuses opérations similaires pourraient voir le jour, si l’opération se révélait concluante.

Jean-François Loiseau, vice-président d’Agralys, troisième groupe coopératif céréalier français, et Maurice Leroy, président du conseil général du Loir-et-Cher et député centriste, ont inauguré la première chaufferie à granulés de paille de France, à Droué, commune de 2 500 habitants du Loir-et-Cher, à titre expérimental. En France, la principale chaufferie alimentée à la paille est celle de Villeparisis en Seine-et-Marne, mais il s’agit de paille à l’état brut, en bottes. Dans la plupart des autres pays européens (Autriche, Allemagne, Suède) et des pays tiers (États-Unis, Inde), c’est de la paille en bottes qui sert de combustible, mais pas du granulé.

L’avantage d’un produit fluide et sec

Or, le granulé présente l’avantage d’être plus fluide, donc facilement manutentionnable, a indiqué Jean-François Loiseau. En outre, il contient 8,7% d’humidité, contre 10 à 20% pour l paille en balles et 25 à 45% pour le granulé de bois. Or, l’absence d’humidité détermine en grande partie le pouvoir calorifique d’un combustible, ont rappelé les organisateurs.

Si le procédé est validé, il permettrait d’approvisionner des installations de chauffage petites à moyennes. Dans ce cas, Agralys valoriserait des quantités plus importantes que les 70 tonnes actuellement réservées à l’expérimentation. Agralys a fait une enquête dont il ressort que « 40 communes sont potentiellement intéressées par ce genre d’opération ». Le potentiel de paille disponible en France, sans altérer le taux de matière organique du sol, est de 4 millions de tonnes sur les 26 produites dans l’Hexagone, selon François Stoltz, président de Coopénergie.

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Une tonne de granulés de paille restitue 6 à 7 fois plus d’énergie que n’en requiert sa fabrication, selon Agralys. L’investissement coûte cher au départ (158 000 euros), mais le combustible coûte presque deux fois moins cher que le fioul : le kilowatt-heure de granulé de paille coûte 0,055 euro, frais de maintenance compris, contre 0,093 pour le fioul.

L’investissement a été permis grâce à l’appui de plusieurs acteurs publics et privés (céréaliers) : l’État, à travers le pôle d’excellence rural Perenne pour 64 000 euros, l’Opac (logements sociaux) départemental pour 39 500, le conseil général du Loir-et-Cher pour 25 000, Unigrains pour 20 000 et Agralys pour 10 000.