La région Occitanie a voté 10 M€ d’aides, notamment pour l’agriculture, après l’incendie de début août dans les Corbières. Côté gouvernement, les travaux en vue du « plan d’avenir » ont été lancés juste avant la chute de François Bayrou.
Un mois après l’incendie qui a ravagé 17 000 ha dans les Corbières, le conseil régional d’Occitanie a voté le 9 septembre « 27 mesures d’urgence représentant une enveloppe de 10 M€ pour l’Aude et le littoral méditerranéen », selon un communiqué. Ces aides devront « venir en aide aux communes, aux viticulteurs, aux agriculteurs, ainsi qu’aux entreprises, aux acteurs du tourisme et de l’artisanat sinistrés, aux associations, etc. » Considérées comme des « priorités » avec plus de 2 000 ha touchés, l’agriculture et la viticulture figurent en bonne place parmi les dispositifs. Quatre types d’aides financières sont notamment prévus pour ces secteurs : un soutien aux « investissements matériels agricoles et viticoles » pour relancer la production (avec le département de l’Aude) ; des avances remboursables pour « accompagner la trésorerie des coopératives viticoles » (au-dessus de 30 % de pertes) ; la mobilisation du dispositif Foster préexistant (garanties d’emprunts en besoin en fonds de roulement) ; et enfin une « aide spécifique à l’association audoise des agriculteurs sinistrés non pris en compte par l’État ».
Demandes auprès de l’État
Par ailleurs, la région Occitanie va porter plusieurs demandes auprès de l’État, notamment celle d’élargir le fonds d’urgence gouvernemental de 8 M€. Le guichet de cette aide destinée aux agriculteurs audois proches de l’incendie vient d’ouvrir le 8 septembre. L’exécutif régional veut l’élargir, avec « abondement », aux « autres territoires touchés » (dans l’Aude, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales). L’Occitanie veut aussi « plaider au niveau étatique pour une reconnaissance des incendies comme aléa climatique au titre des indemnisations agricoles et viticoles ». Comme annoncé en août, la région présidée par Carole Delga rappelle « soutenir la réalisation » de neuf projets hydrauliques agricoles « en cours dans les Corbières ».
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À plus long terme, l’exécutif occitan indique qu’il proposera, en partenariat avec le département de l’Aude, un « projet territorial spécifique aux Corbières pour accompagner un plan de reconquête viticole et agricole adapté au changement climatique ». Plus largement, à l’assemblée plénière de novembre, les élus de la région examineront une feuille de route « Occitanie Résilience », aux contours très larges : il y sera question d’adaptation au changement climatique, de gestion de l’eau, de « souveraineté alimentaire », de « mobilités décarbonées » et d’un « modèle énergétique décarboné régional souverain ». Ce plan concerne aussi des sujets a priori sans lien avec le réchauffement climatique comme la réindustrialisation ou encore la « souveraineté numérique ». Comme déjà exprimé en août, l’exécutif demande l’appui de l’État et de l’UE pour son plan, arguant que l’Occitanie est « la région la plus exposée aux aléas et catastrophes climatiques ».
De son côté, le gouvernement prévoit de dérouler son propre « plan de sauvegarde et d’avenir » pour les Corbières, annoncé le 6 août par François Bayrou, avec l’ambition d’en faire un « laboratoire » pour l’adaptation au changement climatique. Juste avant sa chute, l’ex-Premier ministre a lancé le 5 septembre une « mission interministérielle » en ce sens. Concrètement, des inspecteurs du CGAAER (ministère de l’Agriculture) et du CGEDD (Transition écologique) seront placés « en appui » du préfet de l’Aude. Avec l’ensemble des acteurs locaux (professionnels et collectivités notamment), ils auront à « élaborer une stratégie de reconstruction plus résiliente du territoire sinistré », selon Matignon. Parmi les thématiques envisagées : « transformation des pratiques agricoles face aux aléas climatiques, gestion raisonnée de l’eau, protection renforcée des habitats, etc. » Les inspecteurs devront rendre leur rapport le 1er décembre, selon leur lettre de mission, qu’a pu consulter Agra Presse.