Alors que le ministère planche sur sa feuille de route, la Confédération paysanne et le Modef ont publié le 30 avril leurs propositions pour l’après-influenza. Au menu : plafonnement des effectifs de volailles et mesures adaptées au plein air.
« Plafonner le nombre d’animaux par élevage » : c’est la proposition détonante formulée par la Confédération paysanne et le Modef dans leur « Pacte pour une gestion efficace de l’influenza aviaire », publié le 30 avril. Alors qu’aucun nouveau cas n’a été recensé depuis plus d’un mois dans le Sud-Ouest, le ministère doit présenter avant l’été sa feuille de route pour « éviter une nouvelle crise ». L’idée de réduire la concentration de volailles dans les zones les plus denses – à l’image de la Chalosse, épicentre du récent épisode – fait désormais consensus. Ce qui n’est pas le cas des moyens pour y parvenir. « Les filières proposent que la remise en place des volailles soit conditionnée à la capacité de confiner les animaux », rappellent la Conf' et le Modef dans leur document. Un choix qui écartera « ceux qui ne seront pas en mesure d’investir » et « pénalise l’élevage traditionnel », craignent-ils. Les syndicats minoritaires veulent, eux, « fixer un plafond de densité basé sur des éléments scientifiques » et, pendant l’hiver (période à risque d’influenza), « fixer une limite de trois canards au m2 pour les élevages avec bâtiment ». Des mesures qui permettraient de « réduire la densité en maintenant de nombreuses fermes », avancent les organisations minoritaires.
Dérogation à la claustration pour les petits élevages
Dans leur pacte, la Confédération paysanne et le Modef détaillent aussi plusieurs mesures adaptées aux élevages de plein air, qui sont selon eux « victimes de cette crise, mais n’en sont pas la cause ». Alors que le Cifog (interprofession du foie gras) plaide pour une claustration généralisée en cas de risque d’influenza (1), la Conf' et le Modef souhaitent maintenir la dérogation permettant aux petits éleveurs (moins de 3 200 animaux) de garder leurs palmipèdes en plein air. « Ce dispositif, pensé pour l’élevage plein air traditionnel, a été dévoyé par des exploitations conséquentes qui ont souhaité rajouter à leur troupeau en bâtiment 3 200 canards en extérieur », dénoncent les organisations. Dans les zones denses, elles préconisent aussi de maintenir « une zone [sans animaux] d’au moins 100 m entre lots d’animaux en plein air de différentes unités épidémiologiques ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Lire aussi Influenza aviaire : les palmipèdes de retour dans le Sud-Ouest
Gestion de crise « transparente », stratégie de lutte basée sur des abattages ciblés, relocalisation et limitation des transports, vaccination ou encore promotion des races rustiques : les propositions de la Conf' et du Modef brassent large. Avec un fil rouge : « Entamer la transition agroécologique de l’élevage de volailles ».