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Inter Rhône : cap maintenu vers la montée en gamme et l’export

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L’interprofession de vins rhodaniens d’appellation Inter Rhône poursuit son cap vers la montée en gamme à travers la diversification des cépages et l’élévation de la qualité, et vers l’export. Son président, Michel Chapoutier, a expliqué pourquoi, le 14 avril, lors du point presse que tient annuellement Inter Rhône à Paris.

Pour continuer la montée en gamme de ses vins, Inter Rhône table sur la diversification de ses cépages et sur des pratiques au champ et au chais qui nécessitent plus de temps de travail, mais qui améliorent la qualité.

Plus de surfaces pour le vin blanc

Après trois plans de restructuration de 2009 à 2015 pour 5 525 hectares, le vignoble des côtes du Rhône en entame un quatrième pour 2 790 hectares pour la période 2016-2018. Ce plan en cours comprend une diversification des cépages de rouges. Après le grenache, qui représente 40 % des nouvelles plantations effectuées lors des trois derniers plans, et le syrah, qui y comptent pour 28 %, une percée du mourvèdre et du marselan est programmée. « Ils présentent des caractéristiques intéressantes » de résistance à la pourriture ou à la chaleur, « et permettent d’élargir la diversité de l’encépagement », a développé Arnaud Pignol, délégué général d’Inter Rhône.
Autre levier de diversification, l’augmentation de la part du blanc. Les cépages blancs sont passés de 4 % avant les plans à 7 % actuellement et devraient approcher les 15 % à terme, dans ce vignoble très majoritairement « rouge ». Les vins blancs connaissent un certain engouement chez les consommateurs, en accompagnement de l’évolution culinaire, marquée par plus de grillades et de poissons, a précisé Michel Chapoutier.

Ni AOC bradées ni snobisme

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En outre, pour favoriser la montée en gamme, les vignerons ont encore de la marge pour élever la qualité. Par exemple, en remplaçant des insecticides grâce à la confusion sexuelle des insectes.
Le président d’Inter Rhône souhaite que les AOC de côtes du Rhône ne soient pas vendues au-dessous de 3 euros la bouteille : « Quand je vois des AOC à moins de 3 euros la bouteille, ça me fait hurler. Les AOC n’ont pas vocation à grignoter les parts des IGP et des vins sans IG ». Pour autant, il ne faut pas céder au snobisme et négliger les appellations régionales, car « nous avons besoin de ce socle-là ». Mais même les appellations régionales méritent d’être vendues « au-dessus de 5 euros la bouteille ». Le snobisme qu’a stigmatisé Michel Chapoutier, c’est la tendance à augmenter très fortement les prix, misant sur l’effet « mode ». Or, cette attitude, une fois le mode passée, fait fuir les jeunes, qui finissent par voir dans les produits chers « des produits de vieux ».

Inter Rhône mise sur la part de l’export, qui ne fera que croître, en raison de la baisse de consommation de vin en France, « qui se poursuivra ». Des parts sont notamment à prendre au Japon, où la consommation progresse lentement, et en Chine, « mais pas en entrée de gamme ». Inutile de chercher à concurrencer les vins chiliens. « Laissons-les entrer en Chine. Avec la maturité du marché, les Chinois viendront » peu à peu vers des vins plus élaborés.

« Quand je vois des AOC à moins de 3 euros la bouteille, ça me fait hurler. Les AOC n’ont pas vocation à grignoter les parts des IGP et des vins sans IG »