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Réforme Intercommunalité : les maires veulent conserver leur libre choix

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Les maires de France réunis en congrès annuel à Paris plébiscitent l’intercommunalité mais revendiquent avec force le libre choix de leur confier ou non des responsabilités.

«Dans une France avec 36 769 communes, l’intercommunalité a été une chance. Avec la raréfaction de l’argent public, elle a permis des réponses intelligentes par l’investissement mais aussi aux élus de mieux se connaître. Elle a changé les mentalités », a assuré Jacqueline Gourault, sénatrice-maire (MoDem) de La Chaussée Saint Victor (Loir-et-Cher) lors d’un débat. Pour Gérard Larcher, sénateur-maire UMP de Rambouillet (Yvelines), les intercommunalités sont « un acquis majeur des 25 dernières années ». Le mouvement de regroupement des communes, sur une base volontaire assortie d’incitations financières, a commencé depuis longtemps. La loi Chevènement de 1999 lui a donné un coup de fouet. Cette année-là, 52% des communes étaient en intercommunalité – en 2012, 96,2% selon l’Assemblée des communautés de France (ACF). Mais son achèvement au forceps, sous la houlette des préfets avec la loi du 16 décembre 2010, a laissé un goût amer aux maires, coûtant notamment à Nicolas Sarkozy, la perte du Sénat. « Dans la Drôme, 32 maires sur 51 ont voté contre cette agglomération, il ne faut pas nous enlever toute notre substance », proteste Marylène Peyrard, maire de Montéleger. Au 1er janvier 2014, la carte de l’intercommunalité sera achevée, à l’exception de l’Ile-de-France, qui bénéficie d’un petit délai supplémentaire.
 
À qui le foncier ?
Si les maires ne peuvent plus agir sur les périmètres des intercommunalités, ils entendent garder leurs prérogatives et décider librement des compétences à leur confier, même si certaines d’entre elles sont obligatoirement transférées, comme le développement économique. Pour Gilles Retière, maire de Rezé (Loire-Atlantique), « tout ce qui est du social, du sport, de l’éducation doit rester au niveau communal ». Le paysage de l’intercommunalité a été « troublé », selon Jacqueline Gourault, par la création d’une dizaine de métropoles prévue par la réforme actuelle de la décentralisation et le transfert automatique des Plan locaux d’urbanisme (PLU) à l’intercommunalité prévu par le projet de loi Duflot sur l’urbanisme – deux textes encore en discussion au Parlement. Jacques Pelissard, président de l’Association des maires de France (AMF), réclame que « la planification de l’urbanisme » procède « d’une véritable co-élaboration entre la communauté et les communes ». Le sujet est très sensible dans les bourgs et villes périphériques. Il y a « un refus unanime d’un basculement de l’intercommunalité vers la supracommunalité », a déclaré le 20 novembre dans un communiqué l’Association des petites villes de France présidée par Martin Malvy (PS).

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