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Nutrition santé/investissement Investissement majeur de Davigel en Bretagne

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Des investissements de cette dimension sont rares. Houdebine et son coactionnaire historique à 50%, Davigel (groupe Nestlé) vont investir 44 millions € à Noyal-Pontivy (Morbihan), dans une usine dédiée à la cuisine traiteur pour la restauration hors foyer, notamment en milieu hospitalier.

Cette usine ou plutôt « ces ateliers », préfère Jean-Marie Gurné, président de Davigel, s’étendront sur 18 000 m2 couverts, tout à côté du site industriel actuel de Houdebine. En rythme de croisière, le site ultra-moderne « de dimension européenne », dont la mise en service est prévue au début 2014, doublera le chiffre d’affaires de Houdebine (150 contre 70 millions € aujourd’hui), avec seulement 90 salariés en plus (360 actuellement). Il s’agit donc d’un investissement qui génèrera plus de valeur ajoutée. Positionnée « sur la nutrition, la santé et le bien-être des consommateurs », la nouvelle plateforme Houdebine travaillera en direction de trois marchés, poursuit M. Gurné : « La restauration hospitalière, la restauration commerciale et la restauration rapide. » Davigel accorde une importance accrue pour le premier segment, sur lequel il s’est positionné depuis moins de deux ans. Davigel a en effet décroché, en décembre 2010, le contrat d’approvisionnement en repas de l’ensemble des patients et personnels transitant au CHU de Toulouse. Un contrat de « 2 millions de repas par an », souligne Antoine de Cernon, directeur-général de Davigel.

Les chefs cuisiniers associés au projet
Pour le remporter, Davigel a mis en avant son expertise d’amont, en particulier « sa capacité à proposer de vraies recettes de cuisine élaborées par 15 chefs et 14 nutritionnistes », poursuit M. Gurné. La filiale de Nestlé a également mis en avant son savoir-faire industriel – trois usines : Houdebine pour le salé ; Davigel Offranville (Seine-Maritime) pour les produits de la mer et les salades ; Davigel Barbezieux Saint-Hilaire (Charente) pour le sucré –, et son organisation logistique (13 bases). Dans le contexte de réduction des dépenses, les hôpitaux devraient, les uns après les autres, externaliser la restauration. « Une cuisine centrale en milieu hospitalier coûte 25 millions € au bas mot », souligne Antoine de Cernon. Aussi Davigel va-t-il proposer la même offre à l’ensemble des centres hospitaliers français, en 2012.
Sur le second segment visé, la restauration commerciale, le nouvel « atelier cuisine traiteur » de Houdebine renforcera les aspects « service » des produits. « Nos gammes “Création Brigade” vont pouvoir être développées et s’orienter vers des produits-services semi-élaborés, répondant ainsi aux nouvelles contraintes des chefs, tant en termes de qualité, de régularité que d’innovations », explique Davigel.
Pour Michel Houdebine, l’industriel local qui a lié sa trajectoire économique à celle de Davigel à partir de 1985, cette gigantesque opération est la reconnaissance d’une véritable expertise culinaire. Et ce d’autant plus que Nestlé (qui finance l’opération) avait mis Noyal-Pontivy en concurrence avec plusieurs autres sites en Europe, selon M. Houdebine. Le centre-Bretagne l’a finalement remporté parce qu’il se trouve au centre d’un bassin agroalimentaire qui ne manque pas de matière première ni de savoir-faire.

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