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Isagri entre au capital d’Empovet, créateur de l’appli pour vétérinaires Zoodiag

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L’application Zoodiag d'Empovet permet de simplifier le suivi des élevages bovins. Crédits : © Empovet

Le spécialiste des solutions de gestion technique et administrative Isagri a racheté 34% du capital d’Empovet, créateur de Zoodiag, une application à destination des vétérinaires ruraux intervenant en élevage bovin. 

Face à la complexité croissante du suivi vétérinaire en élevage bovin, Isagri continue sa stratégie d’acquisition avec l’annonce de son entrée au capital de l’entreprise Empovet avec un rachat de 34% de son capital auprès des cofondateurs et un accord pour devenir le distributeur exclusif de Zoodiag, son application destinée aux vétérinaires ruraux intervenant en élevage bovin. 

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En créant Empovet en 2020, son président Régis Rupert est parti d’un constat simple, fruit de ses douze années d’expérience en tant que vétérinaire rural. « Aujourd’hui, la quasi-totalité des vétérinaires continue à faire des ordonnances à la main. Zoodiag veut aider à automatiser la rédaction des ordonnances, devenues très longues et compliquées à rédiger sans un outil digital, et ainsi simplifier la mise en conformité pour le vétérinaire. » Cette application permet un suivi médical de chaque animal, sans travail supplémentaire pour l’éleveur, qui doit seulement donner son accord pour que son vétérinaire ait accès à la base de données de ses animaux. Et en cas de contrôle, « cela permet à l’éleveur d’avoir un archivage électronique automatique de toute la documentation sanitaire obligatoire, des ordonnances et des registres de traitements », souligne Régis Rupert.

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Commercialisée depuis fin 2023, Zoodiag revendique équiper 45 cliniques vétérinaires dans toute la France, pour environ 2500 élevages couverts. Son modèle économique repose sur l’abonnement du vétérinaire à l’application, en fonction du nombre d’éleveurs suivis par ce dernier. Régis Rupert compte beaucoup sur son partenariat avec Isagri, grâce au vaste réseau du groupe familial sur le territoire. « Le rapprochement avec Isagri permet de consolider l’avenir et accélérer le déploiement de Zoodiag », explique-t-il. « On voudrait tripler le nombre de cabinets couverts. » 

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Vers la prédiction des maladies 

À terme, l’objectif de Régis Rupert est de faire de Zoodiag un outil « pour transformer la pratique vétérinaire vers de plus en plus de préventif, voire de prédictif », explique son fondateur. Grâce aux données collectées sur chaque animal au sein d’un élevage, il veut pouvoir « développer des modèles prédictifs de pathologies ». Il décrit un avenir où « ce ne sera plus l’éleveur qui appelle le vétérinaire parce que sa vache est malade, mais le vétérinaire qui appelle l’éleveur pour lui dire que s’il ne fait pas quelque chose maintenant, sa vache va être malade ». Son objectif est « d’intervenir en amont pour avoir moins recours à des solutions médicamenteuses et améliorer la performance économique des élevage ». 

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Pour l’instant, les premiers modèles prédictifs sont encore au stade de la R&D, et la petite équipe d’Empovet, composée aujourd’hui de trois salariés dont deux développeurs et un vétérinaire data scientist, cible en priorité la prévention des mammites. « C’est l’infection principale en élevage laitier », glisse Régis Rupert, « elle est très consommatrice d’antibiotiques. C’est sur ce sujet qu’il y a le plus de données et de retour sur investissement. » 

Même si pour l’instant, Empovet a cantonné sa présence à la France, son fondateur vise aussi d’autres marchés. « Difficile à dire quand aura lieu une entrée dans d’autres marchés en Europe. Ce qui est sûr, c’est que l’outil a été pensé pour ça dès le début. Ce sera en fonction des opportunités qui se présentent. »