La PME de Tarascon a obtenu il y a deux ans le label Entrepreneurs + Engagés, lancé par la Fédération des Entrepreneurs et Entreprises de France (Feef). Elle compte valoriser ses efforts en RSE vis-à-vis des distributeurs et des consommateurs pour asseoir sa place de leader des conserves de légumes cuisinés du sud.
Après une séquence assez intense consacrée au développement avec un million d’euros investis dans les usines de Tarascon et de Maussane-les-Alpilles (Bouches-du-Rhône) en 2017, l’heure est à la valorisation des efforts engagés en production et en RSE. « Nous sommes satisfaits de nos ventes qui atteignent cette année 10,8 millions d’euros, après 10,6 millions d’euros en 2016, ce qui représente 5 millions de bocaux sortis de notre usine de Tarascon », explique Bernard Martin, co-actionnaire avec son frère Jean-Louis de l’entreprise familiale fondée en 1920. Dans les ateliers qui emploient 46 salariés pendant quatre jours par semaine (une organisation plus efficace d’un point de vue technique, économique et humain selon l’entreprise), la conserverie confectionne des préparations à partir de légumes cuisinés. La riste d’aubergine est sa spécialité, dont elle détient 50% de parts de marché en France. La marque présente en GMS est devenue aussi le numéro un des tartinables de légumes appertisés avec 15% du marché en grandes surfaces. Elle s’est lancée aussi dans le bio, qui représente aujourd’hui 9% de son chiffre d’affaires, contre 3% l’année précédente.
Profiter du goût pour le bio et le végétal
« Jean Martin répond au goût des Français pour les légumes, pour l’apéritif, pour les produits sains et pour la gastronomie », explique le dirigeant, pour qui les tendances actuelles de consommation sont en accord avec la politique traditionnelle de la maison. Ces nouveaux comportements des clients vont d’ailleurs orienter la recherche et développement de la marque. « La mode de l’apéritif est une façon pour la marque de s’adresser à un public plus jeune et avec des produits plus accessibles que les spécialités traditionnelles de Provence », poursuit-il. Le bio va être d’autant plus à l’ordre du jour que les distributeurs et les clients finaux sont demandeurs. L’entreprise réfléchit ainsi au lancement d’une marque spécifique pour la distribution biologique, ce qui lui permettrait de toucher un circuit de distribution en développement.
Mais la question des approvisionnements n’est pas totalement résolue face à une demande de matière première biologiques grandissante. L’accès à la ressource est en effet une préoccupation permanente pour Jean Martin. L’entreprise essaie de se fournir dans la mesure du possible dans la région, afin d’être en phase avec son identité provençale. « Mais il y a des limites : le poivron est un exemple, car c’est en Espagne qu’on cultive les meilleurs », explique Bernard Martin. Toutefois, l’entreprise affirme arriver à se fournir en légumes frais à 70% en France et avoir contractualisé avec 5 maraîchers de la région. Toujours dans un souci de traçabilité, la tomate d’Italie a été abandonnée au profit de l’Espagne, et Jean Martin développe les approvisionnements hexagonaux : en 2017, 50% des tomates seront d’origine France. La principale difficulté consiste à trouver des fournisseurs français de tomates en cubes.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Développement dans l’olive de Provence
C’est surtout avec l’olive que l’entreprise assure son autosuffisance. Jean Martin a investi, à 50% avec le Moulin Castelas, dans une oliveraie de 70 hectares plantée de 20 000 arbres. « Cette année, la récolte est abondante et de qualité », explique Bernard Martin. Sur les 400 tonnes, la conserverie a besoin de seulement 100 tonnes, le reste étant destiné à l’huile. Pour la mise en œuvre des olives, l’entreprise a rénové un site qu’elle possédait de 1700 m2 à Maussane-les-Alpilles (pour 600 000 euros en 2017) où elle casse, assaisonne et met en conserve les olives.
Pour l’avenir, Jean Martin ne manque pas de perspectives. La PME entend profiter des tendances de consommation qui tirent les ventes vers des produits plus élaborés, plus haut de gamme, et biologiques (ces derniers devraient représenter dans deux ans 12 à 15% des ventes totales). Elle compte aussi sur les distributeurs qui devraient davantage « faire descendre la RSE dans les boxes de négociation » et prendre en compte la production en France et les efforts nécessaires pour valoriser les produits nationaux plus chers à confectionner. Elle n’oublie pas non plus les canaux de distribution alternatifs, tels que l’e-commerce ou sa boutique. Celle installée au cœur du village touristique de Maussane, dans les anciens bâtiments dédiés au travail des olives permet de faire connaître la marque et son identité provençale et de réaliser environ 5% du chiffre d’affaires de Jean Martin. Les dirigeant réfléchissent d’ailleurs à ouvrir un deuxième point de vente dans le sud de la France, peut-être en Occitanie. Et si la demande suit, l’entreprise n’exclut pas d’investir en 2019 sur son site de Tarascon, dont les espaces dédiés à la logistique pourraient être mobilisés pour la production agroalimentaire.