Le spécialiste des légumes cuisinés est armé pour poursuivre le développement de sa marque, tout en se déployant vers les MDD. Les dirigeants réfléchissent également à leur succession et au moyen de pérenniser la marque de l'entreprise familiale, centenaire en 2020
APRÈS un petit passage à vide, l'entreprise Jean Martin récolte aujourd'hui les fruits de ses choix stratégiques passés. En 2009, lancée dans la construction d'une nouvelle usine (5,5 millions d'investissement) visant à doubler ses capacités de production à Tarascon (Bouches-du-Rhône), l'entreprise a perdu un client historique dans la grande distribution. Résultat : son chiffre d'affaires est tombé à 6,8 millions d'euros. « Cette période n'a pas été facile. Mais ne pas investir, c'est ne pas avoir de stratégie de croissance, explique Bernard Martin, qui veille avec son frère Jean-Louis aux destinées de l'entreprise familiale créée par leur grand-père en 1920. Nous avons maintenu le cap sur notre marque et sur des produits de qualité et ça a payé ». Le chiffre d'affaires devrait atteindre 9 millions d'euros cette année (contre 7,8 millions en 2013), avec un résultat d'exploitation à l'équilibre et Bernard Martin vise 10 millions en 2016. Le nouveau site, d'une capacité totale de 5,5 millions de bocaux/an, n'est pas à son maximum avec seulement 3 millions de bocaux fabriqués en 2013.
L'EXPORT ET LES MDD
Qui dit stratégie de marques, dit aussi stratégie de marges. Tout en poursuivant l'implantation de sa marque, Jean Martin, numéro trois des marques de légumes cuisinés sur le marché national (18 % de part de marché valeur), compte également se développer vers des marques MDD avec des recettes propres, « une activité qui n'excédera pas 20 % du chiffre d'affaires, mais participera à l'amortissement des investissements », souligne Bernard Martin. La société compte également se redéployer à l'export, principalement vers l'Europe, et plus accessoirement vers la Russie, en épicerie fine, et aussi au Japon, mais ne souhaite pas trop se disperser. L'entreprise partant de très loin, l'export devrait cette année enregistrer une croissance de 30 à 40 %. La société qui consacre 3 % de son chiffre d'affaires à la R&D, lance 2 à 3 innovations par an, tout en restant sur son cœur de métier, les légumes et les olives. Très attentive à la qualité de ses approvisionnements, la maison Jean Martin a noué des partenariats avec des producteurs locaux et se fournit entre 60 et 70 % dans la région grand sud. Une partie des olives est issue de ses propres plantations – 18 000 pieds d'oliviers plantés sur 80 hectares dans la Crau. Pour le reste de ses approvisionnements, la société trouve ses légumes en Espagne, en Italie et en Turquie.
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PRÉPARER L'AVENIR
Alors que l'entreprise fêtera son centenaire en 2020, ses actionnaires (1) réfléchissent à la meilleure façon de pérenniser la marque Jean Martin (40 salariés). « Nous sommes au début de notre réflexion », confie Bernard Martin, qui n'exclu pas si nécessaire d'ouvrir le capital pour s'adosser à un partenaire. L'essentiel selon lui, « sera de conserver les visions qui sont les nôtres et de faire en sorte que la marque continue à se développer », tout en prenant en compte les intérêts et la volonté de la 4e génération familiale.
(1) La famille contrôle 100% du capital