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Jonathan Gerbore (Koppert France): « Notre solution Lumière, unique en vigne, pour viser maladies et insectes »

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Jonathan Gerbore est responsable innovation & développement chez Koppert France. Crédits : © Koppert France

Présente en France depuis plus de 40 ans, la société hollandaise Koppert continue d’innover sur le marché du biocontrôle. Après l’horticulture, le maraîchage, la vigne et les espaces verts, elle compte désormais étoffer sa gamme en grandes cultures. L’objectif est aussi de diversifier son offre mécanisation pour aider les utilisateurs à positionner au mieux ses solutions. Le point avec Jonathan Gerbore, responsable innovation & développement chez Koppert France. 

Votre catalogue s’enrichit cette année encore de multiples innovations. Quelles sont les plus marquantes ?

Parmi la dizaine de nouveautés disponibles en ce début d’année sur le marché français, l’homologation de notre solution Lumière, pour cibler les cicadelles, les cochenilles ou les tordeuses, parasites de la vigne, était attendue depuis près de huit ans. C’est une réelle avancée car ce produit de biocontrôle est déjà homologué contre l’oïdium de la vigne. Il devient donc un produit unique sur le marché avec la double efficacité fongicide-insecticide, dans un contexte où les solutions « classiques » sont de moins en moins nombreuses et où la gestion des résistances se complexifie. 

Les macro-organismes restent-ils majoritaires dans votre offre ?

Oui, effectivement. En France, nous en comptabilisons près de 250 espèces : des insectes, des acariens, des nématodes... autant de prédateurs et parasitoïdes naturels des ravageurs des cultures. Mais nos équipes de R&D, implantées près de Rotterdam, travaillent également au développement de l’offre en pollinisateurs (mouches, bourdons), micro-organismes (champignons, bactéries...), substances naturelles, phéromones et également des biostimulants. Nos solutions, produites dans 11 usines à travers le monde dont 4 en Europe (Hollande, Allemagne, Espagne et Slovaquie) sont aujourd’hui utilisées dans une centaine de pays. La filiale française pèse aujourd’hui 15 M€ de chiffre d’affaires sur les 265 M€ réalisés par le groupe.

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Chez Koppert, vous vous intéressez également à la mécanisation. Pourquoi ?

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L’enjeu est de développer des outils pour aider les utilisateurs à positionner au mieux nos solutions et à gagner du temps. Le lâcher manuel d’auxiliaires s’avère par exemple très chronophage. Regroupée sous le nom « Natutec by Koppert », la gamme s’enrichit cette année de l’Airobreez, un système portatif conçu pour distribuer des acariens prédateurs et d’autres auxiliaires sur les cultures légumières, sous serre. Le flux d’air, doux, garantit la vitalité des insectes, une dispersion et une répartition homogènes sur les plantes à traiter. Équipé de huit réglages de distance, entre 0 et 4 mètres, cet équipement permet de s’adapter aux exigences spécifiques de chaque espèce ainsi qu’à la vitesse de déplacement de l’applicateur. 

L’intelligence artificielle fait-elle partie de vos pistes de recherche ?

Oui, tout à fait. Nous travaillons au développement d’un assistant digital : une intelligence artificielle de nouvelle génération dédiée à la protection biologique des cultures. Cette innovation, qui intègrera bientôt des données climatiques, les traitements en cours ou la prévalence des ravageurs dans une parcelle donnée, devrait être disponible à 100 % de ses capacités sur le marché français en 2025. Cette application permettra de fournir des conseils instantanés, personnalisés et contextualisés, adaptés aux besoins de chaque agriculteur ou technicien. 

Lire aussi : Amoéba s’associe avec Koppert pour lancer sa solution fongique sur le marché

Et pour demain ?

Pour les années à venir, le marché des grandes cultures aura besoin de solutions de biocontrôle pour protéger de manière différente les parcelles. Nous avons, fin 2024, reçu l’homologation de Triario, un puissant colonisateur de racines, basé sur le champignon richoderma harzianum T-22, capable de contrôler différentes maladies du sol sur blé, colza, maïs et soja. Nous avons aussi développé, en partenariat avec Tereos dans le cadre du PNRI (Plan national de recherche et d’innovation) betterave, une solution à base de chrysopes, des macro-organismes, pour lutter contre les pucerons vecteurs de la jaunisse de la betterave. De plus, nous avons travaillé la partie mécanisation de cette solution qui est maintenant applicable avec un tracteur. Après quatre années d’expérimentations, ce produit, baptisé Chrysopa, va être progressivement déployé chez les producteurs : une vraie alternative dans le contexte de retraits des molécules insecticides classiques.