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La bioéconomie gagne du terrain dans plusieurs pays européens

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La bioéconomie gagne du terrain dans plusieurs États membres. En début d’année, la France a lancé sa stratégie nationale bioéconomie. Avant elle, d’autres États membres se sont jetés à l’eau, a-t-on appris au Salon du machinisme agricole le 27 février lors d’un colloque organisé par le think tank Saf agr’Idées. Tour d’horizon d’une nouvelle économie dans le vent.

La bioéconomie gagne du terrain : Finlande, Allemagne, France, Italie, Pays-Bas… et d’autres encore au-delà du Vieux continent. Le think tank Saf agr’Idées organisait un colloque sur la bioéconomie au Salon des machines agricoles à Villepinte, le 27 février. Plusieurs États membres étaient représentés. « Nous avons une stratégie nationale sur la bioéconomie depuis 2012 », explique Tilman Schachtsiek, chargé de mission au bureau bioéconomie du ministère allemand de l’Agriculture. Il précise qu’elle ne repose pas sur des lois : « Nous informons les professionnels et aidons ceux qui souhaitent s’y engager. » La Finlande s’est lancée en 2013, l’Italie en 2016, la France en début d’année. Claude Roy, président du club des bioéconomistes, affirme que la stratégie française « réactualise » des plans existant précédemment. Le Premier ministre du Royaume-Uni a publié un livre vert pour la bioéconomie en janvier. Paul Henderson, responsable de la bioéconomie au ministère de l’énergie et de l’industrie du Royaume-Uni, précise : « Nous espérons avoir une stratégie nationale avant la fin de l’année. »

Une spécialisation géographique

La Finlande est recouverte à 80 % par la forêt. Satu-Marja Tenhiälä, spécialiste en politique forestière pour l’Union centrale des producteurs agricoles et propriétaires forestiers de Finlande (MTK), raconte : « Nous avions Nokia. Maintenant, le gouvernement soutient la filière bois. Aujourd’hui, il est utilisé en chimie, en textile, en carburants… » Le pays scandinave est probablement un des États européens les plus avancés en termes de bioéconomie qui représente 16 % de son PIB, 50 % provenant de ses ressources forestières. L’Italie, avec une surface à 90 % rurale, mise sur la biodiversité présente sur son territoire. Fabio Fava, représentant italien dans le programme UE Horizon 2020 consacré aux enjeux de la bioéconomie, précise : « Nous devons exploiter cette biodiversité, l’explorer pour trouver de nouveaux produits de la chimie verte. » En Allemagne, T. Schachtsiek explique que « la volonté politique de tourner le dos au nucléaire a été moteur dans le développement du biogaz. »

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Un revenu agricole complémentaire

Si chaque bioéconomie est différente selon les territoires, un objectif est commun à tous les États : générer des revenus. Jan Van Esch, conseiller pour la stratégie et la recherche sur la bioéconomie au ministère de l’Économie des Pays-Bas, explique : « Face à la fin des quotas sucriers prévue par la politique européenne, les producteurs de betteraves se sont organisés. Aujourd’hui, 10 % de leurs revenus sont liés à la bioéconomie. » Le représentant de la France est plus direct. « On ne va pas être producteur de biomasse que pour le plaisir », a déclaré Daniel Peyraube, président de l’AGPM (producteurs de maïs). La juste répartition de la valeur au sein des filières de la bioéconomie est, comme dans les filières classiques, une condition nécessaire pour leur développement. Claude Roy affirme qu'« il ne faut pas taxer les agriculteurs, mais valoriser les externalités positives. » C’est un des travaux engagés par le ministère français de l’Agriculture dans le cadre de la stratégie nationale de la bioéconomie du pays.

La France a présenté sa stratégie nationale de la bioéconomie en début d’année.