Abonné

La CGB mobilisée sur la gestion des risques

- - 4 min

2018 sera « une année clé » pour la gestion des risques, en particulier l’Instrument de stabilisation des revenus (ISR) et l’assurance récolte, a jugé le 12 décembre la CGB (betteraviers), réclamant un coup de pouce du gouvernement.

« Nous attendons clairement un soutien du ministère de l’Agriculture pour que le second pilier (de la Pac) soit adapté aux évolutions apportées par le règlement omnibus sur l’assurance récolte mais également sur l’expérimentation d’un instrument de stabilisation des revenus (ISR) betteraves », a déclaré Éric Lainé, président de la CGB lors de son assemblée générale le 12 décembre. Et de souligner la mobilisation de la CGB pour expertiser ce type de fonds mutuel sectoriel, mais aussi pour que l’UE adopte un déclenchement de l’assurance récolte à 20 % (contre 30 %).

« Il faut que l’on analyse bien les conséquences d’un abaissement de ce seuil », a répondu Catherine Geslain-Lanéelle, directrice générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) du ministère de l’Agriculture : « ça coûte », a-t-elle dit, rappelant l’« enveloppe tendue » sur le second pilier et les 4,2 % de prélèvement supplémentaire sur le premier pilier. Sur l’ISR, « nous ne sommes pas fermés, mais il n’y a pas de solution miracle », a ajouté Catherine Geslain-Lanéelle. L’important, selon elle, est de « diffuser la culture de gestion des risques dans nos exploitations agricoles ». Cela oblige à « mieux expliquer quels sont les outils, mieux répondre aux besoins de chaque situation ».

Porter le dossier ISR dans l’interprofession

Si la CGB n’a pas obtenu de faire figurer ce projet d’ISR dans le plan de filière – les industriels y étant défavorables –, elle veut poursuivre son étude de faisabilité qui s’achèvera en mars 2018, a promis Franck Sander, président de la commission économique de la CGB. Des experts universitaires et de l’assurance sont mis à contribution. Pour « aller plus loin », l’interprofession devrait s’emparer du dossier, a-t-il proposé, émettant l’idée d’une commission thématique. Éric Lainé veut, lui, « que l’on engage dès 2018 une expérimentation de ce dispositif et ainsi évaluer sa pertinence dans le cadre des débats pour la future Pac ».

Autre sujet de mobilisation pour la CGB, la protection du marché vis-à-vis des importations. « Le dossier Mercosur nous inquiète », a pointé Éric Lainé : « Ne laissons pas le sucre et l’éthanol brésilien venir déstabiliser nos équilibres économiques ». Dans le cadre des négociations sur un accord de libre-échange, la France « ne veut pas une détérioration de l’offre mise sur la table, qui est déjà une offre élevée : 600 000 tonnes d’éthanol à droit nul et 100 000 tonnes de sucre à 98 euros la tonne », a insisté Catherine Geslain-Lanéelle. « C’est déjà beaucoup, on n’ira pas plus loin », a-t-elle assuré.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

assurance récolte
Suivi
Suivre

Concernant le Brexit, la CGB voit le risque d’une modification des équilibres en termes d’échanges. « Nous allons continuer à jouer collectif avec vous » pour défendre les intérêts de la France, a assuré Catherine Geslain-Lanéelle, listant les priorités : « Maintenir l’accès au marché britannique notamment par des droits de douane nuls ou réduits ; une concurrence équitable ; une équivalence des normes de production ». Il s’agit aussi de « partager les contingents cédés à l’OMC » et « limiter les distorsions de concurrence ».

« Nous voulons engager dès 2018 une expérimentation de ce dispositif de l’ISR »

Un congrès au format raccourci

C’est un congrès au format raccourci qu’a organisé la CGB, réservant son temps fort à l’après-midi contre habituellement la journée. L’heure est aux économies et le choix du coûteux Palais des congrès de Paris serait remis en question. Une situation liée à la baisse des rentrées de cotisation. La CGB a dû changer son système d’adhésion : de quasi-automatique, elle nécessite désormais l’engagement formel du planteur.