En lançant Deltora 70 %, un nouveau chocolat de couverture, la Chocolaterie de l’Opéra conforte son positionnement dans la fourniture de produits haut de gamme pour les artisans pâtissiers, confiseurs et glaciers. Petit acteur indépendant dans un monde de géants, la société vise de plus en plus l’international.
Aller bien au-delà des frontières hexagonales pour séduire les chefs pâtissiers, glaciers et chocolatiers du monde entier. Telle est l’ambition de Nicolas de Loisy, p.-d.g. de la Chocolaterie de l’Opéra, à Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône. L’entreprise familiale qui réalise chaque année « environ 8 millions d’euros de chiffre d’affaires », selon son dirigeant, s’adresse exclusivement aux artisans avec des produits spécifiques travaillés dans son atelier. « Le monde du chocolat pour les professionnels est de plus en plus concentré entre quelques très grandes entreprises de taille mondiale, ce qui nous oblige à jouer notre propre partition », explique Nicolas de Loisy, représentant la deuxième génération à la tête de l’entreprise fondée en 1995. À côté de Barry Callebaud ou Valrhona, quelques chocolateries indépendantes s’adressant aux professionnels subsistent en France comme Michel Cluizel ou François Pralus.
Concrètement, cela passe par la mise au point de produits exclusifs. « Il ne suffit plus de proposer des chocolats d’origine, ce que tous les concurrents font déjà, mais bien d’apporter des produits à faible diffusion issus de terroirs et de variétés exclusifs, une démarche qui s’illustre aujourd’hui à travers notre partenariat scellé avec Forest Finance », explique Nicolas de Loisy. L’allemand Forest Finance investit directement dans les plantations, veille à lutter contre la déforestation et accompagne les producteurs en transmettant des savoir-faire dans le cadre d’une démarche éco-responsable. Le premier produit issu de ce partenariat est commercialisé en exclusivité en France par la Chocolaterie de l’Opéra, il s’agit d’un chocolat de couverture noir nommé Deltora 70 %. Il est issu du Panama, un pays faisant partie des huit origines travaillées par la chocolaterie de l’Opéra comme le Vietnam, Madagascar ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
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Des ventes à majorité en France
Après une année 2020 marquée par la crise du Covid-19 et le confinement, qui a obligé la chocolaterie à fermer son site pendant trois mois tout en maintenant le service commercial, Nicolas de Loisy veut poursuivre le développement de l’entreprise en se basant sur trois leviers : les produits sur mesure – « les chefs recherchent de plus en plus de la personnalisation, comme dans tout l’univers du luxe », note Nicolas de Loisy – l’innovation qui passe notamment par des process exclusifs, et l’exportation. La société réalise 60 % de son chiffre d’affaires en France en couvrant correctement toutes les régions, mais « l’export représente un grand potentiel », selon le dirigeant de la chocolaterie. La société exporte vers trente pays seulement, ce qui laisse un potentiel important pour aller en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. « Nous avons déjà une responsable commerciale à Hong Kong », souligne Nicolas de Loisy. D’ici trois à cinq ans, le chiffre d’affaires pourrait être généré à 70 % par l’export, prévoit-il. Après une année 2020 marquée par des ventes estimées en recul de 20 %, la croissance pourrait atteindre les 10 % par an pour les trois prochaines années.