Début mars, la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à Appellations d’origine contrôlées (Cnaoc) a envoyé un courrier au ministère de l’Agriculture pour demander la mise en place d’une mission d’évaluation sur plusieurs aspects de la nouvelle assurance multirisque climatique. Le premier d’entre eux est la moyenne olympique appliquée pour calculer le rendement de référence, et de plus en plus touchée par la fréquence des aléas climatiques. « Aujourd’hui, certains vignobles présentent des aléas trois années sur cinq », souligne Raphaël Fattier, directeur de la Cnaoc. Joël Forgeau, président d’InterLoire, propose que le niveau de rendement assurable soit basé sur une année de référence. L’évolution de ce système est notamment bloquée par les règles de soutien à l’agriculture de l’OMC. Autre inquiétude sur laquelle il voudrait que la mission d’évaluation se penche : une possible augmentation du prix des assurances : « Nous avons ces remontées uniquement sur la Loire. Nous suspectons certains assureurs de jouer le jeu et d’autre pas », précise Raphaël Fattier.
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La Cnaoc a récemment découvert que des assureurs ne prendraient plus en compte le volume complémentaire individuel (VCI) à partir de 2024. De facto, cela pèsera à la baisse sur la moyenne olympique pour les producteurs en appellation. Ce VCI permet aux viticulteurs dont le cahier des charges prévoit un volume maximum par hectare, de mettre en réserve un volume supplémentaire produit pour l’utiliser une année moins bonne. « Si une année je produis 70 hl/ha alors que le cahier des charges prévoit 60 hl/ha, les 10 hl/ha ne seront pas pris en compte dans la moyenne olympique. Mais si l’année suivante je fais 30 hl/ha et que je réintègre ces 10 hl/ha, ils ne seront toujours pas pris en compte. C’est une discrimination pour les appellations qui sont artificiellement plafonnées », constate Eric Chadourne, président de l’interprofession des vins de Bergerac et de Duras.