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La coalition pour la réduction du méthane prend de l’envergure

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La coalition mondiale pour la réduction de 30 % des émissions de méthane lancée par l’Union européenne et les États-Unis a rallié vingt-quatre pays et des financeurs à sa cause, tout en recevant la même semaine le soutien du président de la Cop26, Alok Sharma.

À quelques semaines de la Cop26, la coalition pour une réduction du méthane prend de l’ampleur. Lancée mi-septembre par les États-Unis et l’UE, cette initiative encourage les signataires à réduire de 30 % leurs émissions de méthane d’ici 2030. Si l’Argentine, le Ghana, l’Indonésie, l’Irak, l’Italie, le Mexique et le Royaume-Uni avaient déjà adhéré au dispositif peu après son lancement, les fondateurs de la coalition ont annoncé le 11 octobre le ralliement de vingt-quatre nouveaux pays à leur cause.

France, Allemagne, Canada, Japon, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Israël, Jordanie, République kirghize, Nigeria, Pakistan, Philippines, Suède… « Grâce à ces engagements, neuf des vingt principaux émetteurs de méthane dans le monde participent désormais à l’initiative, ce qui représente environ 30 % des émissions mondiales de méthane », se sont réjouis les États-Unis et l’UE dans une déclaration commune.

Comme s’en félicitent Bruxelles et Washington, plus de vingt organisations philanthropiques ont même déjà annoncé des engagements combinés de plus de 200 millions de dollars pour soutenir la mise en œuvre de ces engagements.

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Soutien d’Alok Sharma

L’accord sera officialisé lors de la Cop26 qui s’ouvrira le 30 octobre à Glasgow. Il a cependant déjà reçu le soutien du président de ce sommet mondial pour le climat, Alok Sharma. Un diplomate britannique qui a fait de la réduction du méthane l’un des enjeux de sa Cop, aux côtés de la réduction du charbon, du développement des véhicules électriques, et de la réduction de la déforestation.

« Les engagements des pays à réduire leurs émissions ou à atteindre le zéro émission nette sont importants, mais ils doivent se traduire par des changements dans nos économies », a ainsi invité Alok Sharma, à l’occasion d’un échange avec la presse le 12 octobre à Paris. Le Royaume-Uni, a-t-il souligné, a déjà réduit ses émissions de méthane de 60 % depuis 1990, principalement grâce à des efforts dans le secteur des déchets. Sur la même période, le secteur agricole britannique a cependant baissé ses émissions de 14 %, de 29 à 25 Mt de CO2 équivalent.

En France, selon les chiffres du Citepa, les émissions de méthane ont déjà diminué de 20 % entre 1990 et 2020 pour l’ensemble des secteurs du pays. Les émissions issues de l’agriculture sont notamment passées de 42 à 37 Mt de CO2 équivalent, soit une réduction de 11 %. Pour l’heure, la stratégie nationale bas carbone (SNBC), révisée en 2020, prévoit pour l’agriculture une légère baisse de quelques pourcents entre 2020 et 2030. Objectif officiel : réduire de 38 à 37 Mt de CO2-équivalent.

30 % des émissions mondiales de méthane sont couvertes par la coalition