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Rassemblement La Confédération paysanne alerte les pouvoirs publics pour « sauver l’élevage »

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À l’approche des élections professionnelles agricoles, la Confédération paysanne tire un bilan inquiétant des politiques françaises et européennes. Pour inverser la chute constante de la production et du nombre de paysans en France, le syndicat organisera deux rassemblements à Nantes et à Tulles les 4 et 5 janvier prochain. L’occasion pour la Confédération paysanne de rappeler ses revendications principales : réorienter les aides européennes vers l’élevage et réformer le dispositif d’aide à l’installation.

«On fait beaucoup de cas de la désindustrialisation de la France, mais on fait pire avec l’agriculture », a lancé Gérard Durand, secrétaire national de la Confédération paysanne, le 18 décembre lors de la présentation du plan « Sauvons l’élevage ». Pour l’organisation professionnelle, le bilan de la politique agricole française et européenne est en effet sans appel : « La production baisse dans tous les secteurs ». Dans la filière laitière par exemple, « en 85 il y avait 6,5 millions de vaches laitières, en 2010 ce chiffre a été divisé par deux », soutien Gérard Durand. Ainsi, « on est passé de 90 000 points de collecte en 2009 à 64 000 en 2012 », a-t-il alerté. En viande, le bilan n’est pas plus reluisant : « La production a chuté de 27% en 10 ans ». Et les producteurs ont de bonnes raisons de cesser leur activité, à en croire la Confédération paysanne : « Quand on enlève les charges sociales, le revenu des producteurs de bovins et d’ovins s’élève à 3€/heure. Chez les éleveurs de lait il n’est que de 6€/h », chiffre Gérard Durand.

Des rassemblements pour sauver l’élevage

Le syndicat organisera donc le 4 janvier prochain à Nantes, et le 5 janvier à Tulles, deux rassemblements pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics aux difficultés rencontrées par les secteurs de productions animales. La Confédération paysanne espère qu’ainsi, ses revendications seront enfin entendues. Parmi celles-ci, une redistribution plus juste des aides européennes. « On prône la dégressivité et le plafonnement », a avancé Gérard Durand. Autre sujet important pour la Confédération paysanne : l’installation. Il faut faire « sauter le carcan » du dispositif d’aide, défend l’organisation professionnelle. Dans son livre blanc de l’installation, la Confédération paysanne propose d’ailleurs plusieurs axes à suivre pour réformer le soutien aux jeunes agriculteurs : supprimer le critère de Surface minimum d’installation, reculer l’âge maximum d’éligibilité aux aides, et mettre en place une politique du foncier qui encourage l’installation et décourage l’agrandissement. La Confédération paysanne souhaite aussi adapter la formation des jeunes à la diversité des pratiques agricoles. Enfin, le syndicat défend la nécessité d’« organiser l’autonomie alimentaire des exploitations ». Des positions que la Confédération paysanne n’hésite pas à marteler à l’approche des élections aux chambres, tout en se défendant de toute arrière-pensée électoraliste. « La campagne Sauvons l’élevage dépasse les élections et continuera après le 31 janvier », a d’ailleurs assuré Gérard Durand. Les acteurs de la filière agricole et les citoyens sont invités à signer l’appel de la Confédération paysanne sur le site http://sauvonslelevage.fr/

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