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Elections aux chambres La Confédération paysanne met l’accent sur l’installation

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Le redressement de l’agriculture passera par la relance de l’emploi agricole. C’est en tout cas la position défendue par la Confédération paysanne en vue des élections aux chambres. Le syndicat défend également la nécessité de sauver l’élevage par une réorientation des aides européennes et une rémunération indexée aux coûts de production. Enfin, la confédération entend financer les chambres de manière homogène, afin qu’elles aient toutes les moyens de soutenir l’agriculture sur leur territoire.

Pour la Confédération paysanne, la priorité est à l’augmentation des agriculteurs en France. C’est donc une politique d’installation plus efficace qu’elle défendra lors des élections aux chambres d’agriculture de janvier 2013. Le syndicat dénonçait d’ailleurs récemment la position des «  Jeunes agriculteurs (et du) ministère (qui) semblent se satisfaire du financement de seulement 6 000 installations par an, soit moins de la moitié des installations », via un communiqué de presse. Afin d’enrayer la chute constante du nombre d’agriculteurs, la Confédération paysanne avance donc plusieurs propositions : supprimer le critère de Surface minimum d’installation, reculer l’âge maximum d’éligibilité aux aides, et mettre en place une politique du foncier qui encourage l’installation et décourage l’agrandissement. La Confédération paysanne souhaite aussi adapter la formation des jeunes à la diversité des pratiques agricoles.
 
Un plan pour sauver l’élevage
Le soutien aux petites fermes est un autre cheval de bataille du syndicat. Ce n’est qu’en cassant le modèle de concentration de l’agriculture française que les agriculteurs pourront obtenir des prix rémunérateurs et une meilleure visibilité économique à moyen terme, pense le syndicat. Pour la confédération, le redressement des prix, et donc de l’agriculture française, passe en effet par une forte valorisation des matières premières produites en France. Or, par nature, le modèle des grandes fermes tend davantage vers une production de masse standardisée. Le syndicat agricole propose par ailleurs une politique de soutien aux filières d’élevage. « Il y avait 90 000 points de collecte laitière en 2009, en août 2012 il n’y en a plus que 64 000 », alertait le 16 octobre Gérard Durand, secrétaire national de la Confédération paysanne. Pour enrayer cette chute, la confédération milite non seulement pour instaurer des prix rémunérateurs, en indexant le revenu des producteurs sur leurs coûts de production, mais aussi pour un partage plus juste des aides de la Pac. Pour cela, le syndicat veut modifier les critères d’attribution des aides européennes du 1er pilier en les liant au nombre d’employés sur une exploitation. Ceci permettrait d’atténuer les inégalités d’accès historiques aux aides directes et de reconnaître la contribution à l’emploi des petites structures.
 
Davantage de moyens pour les chambres
Concernant le fonctionnement des chambres en elle-même, la confédération souhaite lisser les financements des structures qui sont actuellement « très différentes les unes des autres », avance Philippe Collin, porte-parole du syndicat. Ces disparités posent problème car, « pour permettre aux chambres d’assurer leur véritable mission, il leur faut des moyens », soutient-il. Aujourd’hui, ce manque de moyens, mais aussi d’« ambition », a « cantonné les chambres à un rôle de relais institutionnel entre l’État et les paysans ». Avec la Confédération paysanne, les chambres pourraient de nouveau « accompagner les diversités des projets » agricoles, promet Philippe Collin.

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