Selon la Confédération paysanne, modifier la loi Evin n’aura que peu d’effet sur la baisse de consommation de vin en France et la crise viticole actuelle. Le syndicat préconise des mesures plus larges pour améliorer la situation.
La Confédération paysanne ne mêle pas sa voix au concert des critiques de la loi Evin, consistant à y voir une des causes de la baisse de consommation de vin en France au cours des dernières années. «Pour la Confédération paysanne, la viticulture n’est pas en crise parce qu’elle ne peut communiquer sur le vin. Elle est d’abord en crise parce que les consommateurs boivent moins et différemment, et que les viticulteurs n’ont pas su collectivement anticiper ces évolutions», déclare-t-elle dans un communiqué du 19 mars. «Aujourd’hui, certains vignobles produisent trop de vin. C’est le cas par exemple du bordelais dont la surface viticole est passée de 70 000 à 125 000 ha en 30 ans», poursuit le syndicat. A cela s’ajoute «une concurrence internationale qui se durcit» et «une domination sans partage des GMS dans la distribution du vin». Cest pourquoi «de coûteuses campagne de communication interprofessionnelles sur le vin», «auront peu d’effets».
La Confédération estime que les «responsables viticoles embarquent les vignerons dans l’aventure du marché libre, des aromatisations artificielles, des corrections œnologiques, de la banalisation de l’irrigation, de la standardisation des marchés» et critique une «destruction progressive du vin vigneron» au profit «d’une boisson agroalimentaire». C’est cette «marchandisation du vin» qui mettra les viticulteurs en difficultés, selon le syndicat.
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Pour lutter contre la situation actuelle, il préconise plusieurs mesures «indispensables» : «Un plafonnement plus strict des rendements viticoles et le retrait de production, au moins temporaire, des superficies esxcédentaires dans les vignobles et dans les exploitations qui se sont agrandies récemment» ; «le renforcement de la préférence communautaire et l’interdiction d’importer des vins non conformes à la réglementation communautaire» et enfin, «l’encadrement des pratiques du négoce et de la grande distribution visant à imposer des prix rémunérateurs pour les vignerons».