Abonné

VIN/MESURES DE CRISE La Coopération viticole demande la distillation pour les AOC

- - 2 min

Pour faire face à la surproduction résultant de l’abondante récolte 2004, les coopérateurs viticoles français demandent que Bruxelles autorise la distillation de 10 millions d’hectolitres de vin en Europe, dont 2,5 millions en France, pour un coût de 300 millions d’euros

« C’est la première fois dans l’Histoire que les vins d’Appellations d’origine contrôlée (AOC) en France sont obligés de faire appel à la distillation en raison de la gravité de la crise », note Denis Verdier, président de la CCVF (Confédération des Caves Viticoles Françaises). Pour effectuer une « rupture avec le passé » et « dégager des stocks », selon le président Verdier, il faudrait que la Commission européenne lance une vaste opération de distillation qui concernerait en France 2 millions d’hectolitres d’AOC et 500.000 hl de vins de pays. A la CCVF, on souligne que la somme estimée de 300 millions d’euros ne représente qu’une partie du budget viticole européen qui se monte à 1,3 milliard d’euros (dont 450 M EUR consacrés à la reconversion du vignoble). Pour la CCVF, alors que la viticulture représente 7% de la production agricole européenne, Bruxelles ne consacre que 3% de son budget agricole au secteur. Outre la distillation, le président de la CCVF demande également des mesures financières pour l’arrachage de vignes, notamment 10 000 hectares sur 5 ans dans le Bordelais. Au gouvernement français, M. Verdier, par ailleurs président de l’Onivins, demande de prendre un décret pour rendre obligatoire l’utilisation de moûts concentrés aux fins de chaptalisation à partir de raisins de la région concernée.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Obligation de résultats pour le Ministre français

« L’ambiance est telle dans les vignobles que le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau a une obligation de résultats lors de son annonce d’un plan français pour la viticulture le lundi 31 janvier », a ajouté le président de la CCVF. « Sinon il y a des risques de dérapage, tellement le découragement est grand », avertit M. Verdier. Pour la première fois depuis 10 ans, la production française, proche de 59 M hl, a un « sur-stock » estimé pour la vendange 2004 à plus de 2 millions d’hectolitres, dont le Bordelais représente plus de la moitié, selon une première estimation rendue publique par l’Onivins.