Même si elle est partie bien armée grâce aux résultats records enregistrés en 2008 mais également en 2007, l’agriculture américaine ne sortira pas indemne de la crise économique en cours. Les exportations, tout particulièrement, devraient pâtir de la conjoncture défavorable. Malgré tout, les effets sur le secteur devraient demeurer limités, selon une récente étude de l’USDA.
«Les effets de la crise seront ressentis moins sévèrement dans le secteur agricole que dans beaucoup d’autres secteurs de l’économie américaine ». C’est l’une des conclusions que tire, dans une étude tout juste parue, le département américain de l’Agriculture (USDA) à propos des conséquences de la crise pour l’économie agricole des Etats-Unis. Un constat logique : l’agriculture américaine « est entrée dans la crise avec des exportations, des prix et des revenus records », signale ce rapport. Il n’empêche, le secteur n’échappera pas à la crise. Moins en raison d’une baisse de la consommation des ménages – « la plupart des consommateurs américains ont des standards de vie suffisamment élevés pour que les besoins alimentaires ne provoquent pas de changements notables dans le revenu », indique l’étude – qu’à cause du ralentissement de l’économie mondiale et de l’appréciation du dollar.
Décélération de courte durée à l’export
Certains pays qui représentent de gros marchés pour les Etats-Unis risquent de réduire leurs importations. Ce qui a commencé à se vérifier dès la fin 2008 avec la Chine, Taïwan, le Mexique, l’Egypte ou la Russie. Selon l’USDA, les exportations américaines chuteraient de 18 % en 2009, à 96 milliards de dollars. Cette décélération ne serait toutefois que de courte durée, les ventes repartant à la hausse dès 2011 selon les projections de l’USDA. Malgré tout, si le cours du dollar continuait à s’apprécier par rapport aux autres monnaies, les exportations de viande de porc et de volaille pourraient se trouver sérieusement handicapées. Car, comme le souligne le rapport, la demande mondiale en viande est plus élastique que la demande de productions végétales. Autre effet collatéral de la crise : la chute du prix des biocarburants, liée à la baisse du cours du pétrole.
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Une baisse du revenu net à relativiser
En janvier, le litre d’éthanol ne valait plus que 42 cents contre 76 cents en juillet 2008. Même si, en contrepartie, le coût des intrants (essence, électricité, engrais) se réduit, cela ne devrait pas suffire à renflouer les céréaliers qui fournissent la filière éthanol. Après avoir largement profité d’une conjoncture favorable en 2007/2008, ils devraient être déficitaires en 2009. Pour l’USDA, le revenu net des fermes américaines devrait perdre 26 % en 2009 pour tomber à 66 milliards de dollars contre 89 en 2008. Mais cette baisse doit être relativisée : ce chiffre est légèrement supérieur au revenu moyen des dix dernières années, évalué à 65 milliards de dollars.
Globalement, l’USDA estime les fermes américaines plutôt bien armées contre la crise. Parce que les producteurs disposent d’un grand nombre d’outils de gestion des risques, parce qu’ils ont amélioré leur productivité et qu’ils ont optimisé leurs charges… Et aussi parce que les crises précédentes les ont incité à moins recourir au crédit.